1 Congrès AFSP Paris 2013 Section Thématique 24 : Un retour des meetings électoraux ? Les meetings dans la campagne présidentielle : dispositifs, acteurs et publics. Carolina Rossini, Université de Lausanne (Suisse), carolina.rossini@unil.ch Zoé Kergomard, Université de Fribourg (Suisse), zoé.kergomard@unifr.ch Les meetings dans la Suisse de l’après-guerre : le cas du Parti socialiste suisse Introduction Exemple type de ces micro-évènements qui font les campagnes électorales, les meetings ont encore été peu étudiés en Suisse. Cette contribution propose de rendre compte des évolutions des meetings au cours de l’après-guerre, et choisit comme cas d’étude les congrès du Parti socialiste suisse (PSS) lors de sept campagnes électorales fédérales de 1947 à 2007. Les spécificités du système politique suisse, que nous expliciterons plus loin, nous amènent à adapter la définition de meeting, qui dans le cas suisse semble moins la rencontre entre « un homme » et « la foule » 1 qu’entre un parti – national ou cantonal – et ses militants. Le choix des congrès, évènements statutaires réguliers comme champ d’étude nous permet de confronter leurs évolutions sur le long terme aux niveaux national et cantonal. Dans le cadre de notre projet de recherche 2 , nous prendrons en compte pour ce faire trois partis cantonaux qui représentent les trois communautés linguistiques majeures de la Suisse : le Parti socialiste vaudois (PS vaudois) pour la partie francophone (Romandie), le Partito Socialista Ticinese (PS tessinois) pour la partie italophone, et le Sozialdemokratische Partei des Kantons Zürich (PS zurichois) pour la partie germanophone. Chacun des trois partis cantonaux présente en outre une configuration socio-politique propre, faisant de notre choix un échantillon représentatif de la diversité helvétique. C’est dans ce cadre que nous nous proposons d’interroger la mise en valeur des congrès comme de véritables évènements de campagne. Les statuts assignent des fonctions bien précises aux congrès, et notamment la présentation du programme et du calendrier électoraux, la nomination des candidats, la discussion d’alliances potentielles. Les congrès de campagne se limitent-ils cependant à cette dimension décisionnelle? À travers l’analyse de leur préparation et de leur déroulement, nous nous intéresserons au rôle que le parti lui-même attribue aux congrès. Nous émettons l’hypothèse que dès lors que les acteurs partisans font des congrès une partie intégrante de la campagne, la dimension symbolique de ceux-ci prend le pas sur leur dimension décisionnelle. Les congrès revêtent alors les caractéristiques de meetings, mettant en scène l’unité et le dynamisme du parti en campagne. 1 « Il y a un homme, un seul, et la foule », Pourcher 1990 : 10. 2 La présente contribution fait partie d’un projet de recherche intitulé « Les partis politiques et les campagnes électorales dans la Suisse de l’après-guerre », financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS). Zoé Kergomard y réalise une thèse en histoire contemporaine sur les campagnes de 1947, 1959, 1971, 1983, tandis que Carolina Rossini est doctorante en sciences politiques et s’intéresse aux campagnes de 1991, 1999 et 2007, qui ont été choisies pour leur importance dans la politique suisse.