RAP - 2009, n° 3/4, Lola BonnaBeL et al., Implantation et organisation des espaces funéraires à La Tène ancienne et au début de La Tène moyenne en Champagne, à partir des fouilles récentes. 47 IMPLANTATION ET ORGANISATION DES ESPACES FUNéRAIRES à LA TèNE ANCIENNE ET AU DéBUT DE LA TèNE MOYENNE EN CHAMPAGNE à PARTIR DES FOUILLES RéCENTES Lola BonnaBeL , Sylvie CuLot, Vincent DeSBroSSe & Marion SaureL Implantation et organisation des espaces funéraires à La Tène ancienne et au début de La Tène moyenne en Champagne, à partir des fouilles récentes. La Champagne a été intensément occupée pendant le deuxième âge du Fer. Ce pourtour oriental du Bassin parisien est un gisement exceptionnel en sépultures de l’âge du Fer. Cette richesse a eu un coût, car il est peu d’autres régions de France où le passé a été aussi systématiquement pillé. au XX e siècle, ces saccages se sont accélérés, s’aidant du repérage par photographie aérienne et d’un usage abusif du détecteur à métaux, mais de véritables fouilles scientiiques ont aussi été mises en place. au cours de ce siècle, l’intérêt va dépasser l’échelle de l’objet pour atteindre celle de la tombe et du site. Ces travaux scientiiques (par exemple FaVret 1927, BriSSon et al. 1970 et 1972, rozoy 1987) furent la base principale d’une synthèse publiée en 1999 (DeMouLe 1999). L’archéologie préventive a permis de multiplier les observations et d’agrandir encore les échelles d’analyse : les décapages et sondages systématiques ouvrent des fenêtres de milliers d’hectares offrant à l’examen l’organisation spatiale des sites entre eux tandis que des décapages plus ou moins extensifs permettent d’appréhender la morphologie des occupations funéraires. L’étude de ces occupations elles-mêmes, de leur structuration, de leur dynamique d’implantation, se fonde sur la confrontation de données de natures variées telles que l’architecture et la mise en scène de la tombe, le traitement des corps, l’identité des défunts, la chrono-typologie… Dans le cadre de cet article, nos objectifs restent limités. il s’agit tout d’abord d’observer 2 fenêtres géographiques où occupations funéraires et habitat se côtoient. La question des types de sites funéraires sera ensuite évoquée ainsi que certains aspects caractéristiques de leur morphologie. L’étude s’appuie sur les travaux d’un projet de recherche initié en 2006 s’intitulant Pratique funéraire et sociétés de l’âge du Fer en Champagne- Ardenne auquel participent les auteurs. IMPLANTATION RELATIVE DES CIMETIèRES ET HABITATS CONTEMPORAINS en 1999, Jean-Paul Demoule notait que la position de la nécropole vis-à-vis de l’habitat reste problématique puisqu’elle n’a pu être observée qu’à Chassemy (Aisne) où l’habitat qui a été partiellement mis au jour au cours d’un sauvetage (rowLette & BoureuX 1969) se trouvait à 500 m environ de la nécropole fouillée au siècle dernier (DeMouLe 1999, p 179). en effet, retrouver les associations entre habitats et nécropoles laténiennes et comprendre comment les uns s’organisent par rapport aux autres se heurtent à plusieurs dificultés. Tout d’abord, les surfaces prospectées doivent être sufisamment vastes et/ou bien positionnées. ensuite se pose le problème de la détection des petites occupations notamment domestiques. Enin, dernier écueil, il faut disposer d’une quantité de mobilier datant sufisante pour pouvoir proposer une éventuelle contemporanéité entre les deux occupations. Les exemples où l’on peut mettre en relation un lieu funéraire et un habitat sont donc peu nombreux. Deux secteurs de la plaine crayeuse se prêtent néanmoins à cet exercice. Les communes de witry-lès-reims et de Caurel, à quelques kilomètres au nord-est de reims, ont fait l’objet d’intenses prospections à la in du XiX e et au début du XX e siècle puis, récemment ces terroirs ont été concernés par des opérations d’archéologie préventive. ainsi, aux 5 cimetières connus depuis un siècle, sont venus s’en ajouter deux. Les découvertes fortuites (réalisées lors de la construction de maisons à partir de 1840, puis, en 1875, du fort de witry) pouvaient contribuer à corriger le biais des méthodes de prospection de l’époque qui privilégiaient certaines approches comme la toponymie, la position topographique, etc. en outre, la grande quantité de cimetières fouillés au XiX e siècle permettait déjà de noter quelques implantations préférentielles. ainsi, en 1908, dans son article sur les cimetières gaulois de witry-lès- reims, auguste Bourin notait que contrairement à la plupart des cimetières gaulois situés le plus souvent sur le penchant d’une colline, [celui de la neufosse] se trouve dans une gorge dont la direction est du nord-est au sud- est (Bourin 1908). Les opérations archéologiques des quinze dernières années ont permis d’aborder des milieux topographiques variés. Les deux nouvelles occupations funéraires, witry-lès-reims, "La