Résumé Les Métis qui ont quitté la Rivière Rouge pour aller à la chasse du bison sont des sujets historiques définis par leur mobilité. Acteurs politiques qui traversaient à la fois cultures et limites étatiques, ces chasseurs identifiaient leurs unités sociales comme étant des brigades. Ils œuvraient collectivement dans leur mode de survie économique. Ce faisant, ils développèrent une identité culturelle et politique. L’utilisation du logiciel d’analyse de réseaux sociaux visone permet la création de représentations visuelles du tissu social unissant les brigades de chasseurs réparties sur les prairies. Les communautés métisses mobiles deviennent ainsi visibles et accessibles au chercheur par l’entremise de graphiques qui démontrent concrètement la nature des liens sociaux entre les gens, tels que la parenté, le parrainage, l’adoption, et le voisinage. La représentation imagée des liens entre chasseurs permet d’approfondir nos connaissances sur l’apport de la mobilité comme trait culturel commun. Voici comment, à partir d’une unité familiale, nous pouvons rejoindre des centaines d’individus unis dans leur métier, leur culture, et leurs idéologies communes. Méthodologie Création de catégories d’analyse. Elles deviennent des points de repère qui permettent d’entreprendre des analyses poussées sur des questions précises (ex : 1885, emplois, vie politique, généalogie) Triangulation de sources permettant regard détaillé sur la communauté à l’étude Plusieurs méthodes d’analyse : réseaux sociaux analysés en tandem avec données qualitatives Remerciements Merci aux ainés Métis qui ont éclairé nos recherches et nos pensées, particulièrement à Jackie Trotchie et Maria Campbell. Nous remercions Brenda Macdougall, Chaire de recherche sur les Métis à l’Université d’Ottawa et Nicole St- Onge, Coordonatrice associée au Programme d’études autochtones de l’Université d’Ottawa, pour le financement et le temps nécessaire au développement de réseaux sociaux. Nous remercions aussi Carolyn Podruchny, professeure associée en histoire à l’Université York pour nous avoir généreusement embauchée en tant qu’assistante de recherche au sein du projet CRSH : « Mapping the contours of identity in the Trottier Brigade: Métis mentalities and materialities in northwestern North America, 1780 — 1880. » Merci à Nicholas Vrooman, historien et folkloriste du Montana ainsi qu’aux membres de la Little Shell Tribe, dont certains ancêtres sont ici présents. Ajoutons la progéniture Émilie Pigeon, Université York, Nicole St-Onge et Brenda Macdougall, Université d’Ottawa Conclusions provisoires Les unions entre ces groupes se poursuivirent durant et après les transformations politiques suite à la Résistance du Nord-Ouest de 1885. La chasse unit ces individus. La mobilité des brigades est représentée en partie par le tissage de liens de parenté s’étendant de la Rivière Rouge au Dakota, passant par le Montana et remontant vers le nord jusqu’à Batoche et Duck Lake, SK. Les femmes semblent jouer un rôle instrumental dans la cohésion sociale des réseaux L’analyse de réseaux sociaux permet de donner lieu à une interrogation des structures qui gouvernent les relations entre les gens. L’historien peut ainsi représenter visuellement et mieux comprendre les transformations qui ont lieu dans le cadre de relations sociales entre individus qui changent dans le temps et l’espace. L’approche instrumentaliste des Métis envers l’État et l’Église est désormais un terrain propice à l’exploration. Sources bibliographiques : 1. Foster, Martha Harroun. We Know Who We Are: Metis Identity in a Montana Community.University of Oklahoma Press, 2006. 2. Macdougall, Brenda et Nicole St-Onge « Rooted in Mobility : Metis Buffalo Hunting Brigades » Manitoba History, the Journal of the Manitoba Historical Society Numéro 71 Hiver 2013. 3. Jünger, Michal & Petra Mutzel, Éd. Graph Drawing Software. New York, Springer, 2004, pp. 321-340 Figure 2 : Voici la famille immédiate d’Amable Azure et de Jean-Baptiste Wilkie, cités dans les sources (1) comme étant à la tête d’une brigade de chasseurs. Pierre Berger et Judith Wilkie sont identifiés par la flèche rouge. Pour plus d’info Courriels : pigeone@yorku.ca Nicole.St-Onge@uOttawa.ca, Brenda.Macdougall@uOttawa.ca Twitter : @pemilie Consultez cette affiche en ligne à l’adresse suivante : http://www.flickr.com/photos/emiliep/8493695404 Logiciel libre d’analyse de réseaux sociaux : http:// visone.info/ Jumelons les brigades I sure wish I’d presented my theory with a poster before I wrote my book. Figure 1 : Judith Wilkie et Pierre Berger, membres de la brigade de chasseurs Wilkie. Source : Lewistown Montana Public Library, Berger Collection. Remarquez le rôle particulier des femmes dans les brigades Trottier, Ouellette et Laframboise Un réseau social de chasseurs? Métis, mobilité et nouvelles approches méthodologiques en histoire Figure 3 : Nous ajoutons la progéniture de la brigade Wilkie identifiée comme étant chasseurs de bison. Ce faisant, nous pouvons explorer la nature des liens matrimoniaux entre familles. Ceux-ci assurent que la chasse se poursuive grâce au mariage d’acteurs stratégiques Figure 4 : La brigade Wilkie est unie à la brigade Trottier (2) par l’entremise du mariage & progéniture.Les familles jumelées incluent les Trottier, Laframboise, Dumont, etc. Figure 5 : Trois réseaux sociaux de brigades de chasseurs de bison sont jumelés par leurs liens de parenté. Les familles Wilkie, Trottier et Ouellettes y sont dominantes. La famille Laframboise est un tissu social important liant les groupes représentés.