1 MARTA SEVERO La liste du patrimoine mondial : un regard par le système d’information Au début de juillet 2011, le journal Info Gulf accuse l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture – UNESCO – de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de négliger l’existence des territoires palestiniens occupés. En quelques jours la nouvelle fait le tour des médias et du monde. Le 15 juillet l’Unesco est obligée de répondre avec un communiqué de presse qui refuse l’accusation et explique que le journaliste a mal interprété le site web du Centre du patrimoine mondial. Cette déclaration met tout de suite l’accent non seulement sur l’importance de la Liste du patrimoine mondial mais surtout le pouvoir de son affichage sur le site web de l’Unesco. En effet, Jérusalem apparaît trois fois sur le site web : sur la page de la liste officielle du patrimoine mondial et celle du patrimoine mondial en péril et sur la page de la liste indicative proposée par l’Etat d’Israël i . D’un côté l’élément « la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts », proposé par la Jordanie, est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1981 et sur la Liste du patrimoine mondial en péril depuis 1982 et, par conséquent, il apparaît dans les pages web correspondantes à ces deux listes officielles de l’Unesco. D’un autre côté, la troisième mention ne correspond pas au même élément reconnu par l’Unesco, mais au bien « Jérusalem » ajouté récemment par l’État d’Israël à sa liste indicative, c’est-à- dire l’inventaire des biens susceptibles d’être inscrits sur la Liste du patrimoine mondial – mais pas encore reconnus par l’Unesco. Ainsi « Jérusalem » apparaît aussi sur la page dédiée à la liste indicative d’Israël. Une note sur cette page précise : Ceci concerne le bien nommé « La Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts, pour y inclure le Mont Sion » proposé par Israël comme extension à la « La Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts » inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1981, sur proposition de la Jordanie. Le Comité, lors de sa 25e session (Helsinki, 2001), a approuvé la recommandation de la 25e session de son Bureau (Paris, juin 2001) « de reporter toute considération de proposition d'inscription jusqu'à ce qu'un nouvel accord sur le statut de la Ville de Jérusalem soit conclu en conformité avec le droit international ou jusqu'à ce que les parties concernées soumettent une proposition d'inscription commune ». Il convient de noter que la Conférence générale de l'UNESCO, par les résolutions 32C/39 et 33C/50, a affirmée que : « (...) assurant que rien dans la présente décision, qui vise à la sauvegarde du patrimoine culturel de la vieille ville de Jérusalem, n'affectera en aucune manière les résolutions et décisions pertinentes des Nations Unies, en particulier les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur le statut juridique de Jérusalem ». Le scandale ne s’avère donc être qu’un malentendu à partir du site web. Même si la liste indicative ne correspond pas à une déclaration officielle de l’Unesco mais seulement à un choix du pays concerné, l’organisation du système d’information du Centre du patrimoine mondial fait qu’elle est publiée sur le site internet dans une interface similaire à la Liste ‘officielle’ du patrimoine mondial. Ce qui est intéressant ici c’est que l’interprétation de la vitrine Web de l’Unesco a des effets importants sur l’interprétation du système de classification des biens et notamment sur la distinction