AnTard , 22, 2014, p. 53 DOI 10.1484/J.AT.5.103173 2 – ASPECTS DE L’HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE D’EUSÈBE DE CÉSARÉE La petite section monographique qui suit contient le texte des quatre conférences qui furent prononcées le 13 septembre 2012, à la Maison de la recherche de Paris- Sorbonne, pour marquer la sortie du premier volume de commentaire de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée aux Belles Lettres : S. Morlet, L. Perrone (dir.), Eusèbe de Césarée. Histoire ecclésiastique. Commentaire, 1. Études d’introduction (Anagôgé, 6), Paris, 2012. L’idée d’écrire un commentaire de cette œuvre importante remonte à une rencontre scientiソque organisée à Pise le 10 juin 2004 pour célébrer les dix ans de formation du Gruppo Italiano di Ricerca su Origene et la Tradizione Alessandrina. Une équipe internationale s’est constituée peu à peu à partir de 2006 et a engagé une réタexion prépa- ratoire au travail de commentaire. Cette réタexion a donné lieu à des publications sous forme d’articles 1 . Les chercheurs regroupés autour du projet sont français (Sébastien Morlet, Olivier Munnich, Michel-Yves Perrin, Jean-Marie Salamito), italiens (Osvalda Andrei, Antonio Cacciari, Adele Monaci, Valerio Neri, Lorenzo Perrone, Emanuela Prinzivalli) et suisse (Éric Junod). Ont collaboré au volume introductif, en outre, Anne Boud’hors, Matthieu Cassin, Laetitia Ciccolini, Muriel Debié, Jean-Pierre Mahé, Giusto Traina. Il est prévu de faire paraître une version en italien du commentaire, parallèlement à la version française. La coordination du projet est assurée par Sébastien Morlet du côté français, par Lorenzo Perrone du côté italien. 1. M. Amerise, Note sulla datazione del panegirico per l’inaugurazione della basilica di Tiro (HE X, 4), dans Adamantius, 14, 2008, p. 229- 234 ; O. Andrei, Per un commento alla Historia Ecclesiastica di Eusebio di Cesarea: i Chronici Canones quale philosophia ex oraculis cpvkrqtÝtkcpc, dans Adamantius, 14, 2008, p. 151-190 ; A. Cacciari, L’archetipo latente. La notizia eusebiana su Quadrato (HE IV, 3), dans Adamantius, 14, 2008, p. 199-206 ; S. Morlet, Entre histoire et exégèse. TfiÞgzkqpu uwt nc nqikswg pcttcvkxg fw nkxtg K fg nÓHistoire ecclésiastique d’Eusèbe, dans Adamantius, 14, 2008, p. 191-198 ; V. Neri, Massenzio e Massimino coppia di tiranni (Eus., HE VIII,14), dans Adamantius, 14, 2008, p. 207-217 ; Id., Documenti e narrazione storica nel libro IX dell’Historia ecclesiastica di Eusebio di Cesarea, dans Adamantius, 14, 2008, p. 218-228 ; L. Perrone, Eusèbe de Césarée face à l’essor de la littérature chrétienne au 臣臣 e siècle : propos pour un commentaire du IV e Livre de l’Histoire ecclésiastique, dans ZAC, 11, 2007, p. 311-333 ; Note per un commento a Eusebio di Cesarea, Storia Ecclesiastica IV, 7, dans P. Arduini et al. (éd.), Studi offerti a Alessandro Perutelli, 2, Roma, 2008, p. 341-357 ; M.-Y. Perrin, Le dossier du donatisme dans l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée, dans Annuaire de l’ÉPHÉ V e section, 117 (2008-2009), 2011, p. 225-230. La série est en bonne voie et le prochain volume, consacré aux tomes I à III de l’Histoire ecclésiastique, doit sortir bientôt. Les contributions qui suivent jettent toutes un éclairage intéressant sur la manière dont on peut lire et exploiter l’Histoire ecclésiastique. De manières très différentes, elles engagent une réタexion sur la valeur documen- taire de l’œuvre. Marie-Françoise Baslez situe le travail d’Eusèbe dans le cadre de l’« histoire documentaire ». Elle montre l’intérêt que peut présenter aujourd’hui le témoignage d’Eusèbe pour l’histoire de la communication et des réseaux. Mais Enrico Norelli et Rémi Gounelle nous rappellent qu’Eusèbe a opéré des choix. Le premier se demande dans quelle mesure la collecte d’Eusèbe ne serait pas dictée par une conception particulière de la vérité. La place massive des textes chrétiens s’expliquerait, dans cette hypothèse, parce qu’Eusèbe considère que la vérité sur le christianisme ne peut être illustrée que par des textes chrétiens. Rémi Gounelle montre que, à rebours de l’image traditionnelle du compilateur scrupuleux attachée à Eusèbe, l’évêque de Césarée ne donne pas nécessairement une image ソdèle de la documentation disponible de son temps. Sa présentation des textes est elle-même parfois faussée et appelle, de la part du commentateur, la plus grande prudence. C’est justement sur un silence d’Eusèbe que s’arrête enソn Jean Gascou, qui se demande pourquoi l’évêque de Césarée a passé sous silence l’apostasie de Piérios, maître de son propre maître Pamphile. Partant du principe qu’Eusèbe ne pouvait ignorer cette apostasie, documentée par ailleurs, il estime qu’Eusèbe aurait délibé- rément censuré un événement gênant et pense que ce silence donne de la substance à l’accusation selon laquelle Eusèbe aurait lui-même apostasié pendant la Persécution. En cachant l’apostasie de Piérius, Eusèbe aurait cherché aussi à occulter la sienne. Nous remercions la revue Antiquité tardive d’avoir accepté de publier ces quatre textes. Sébastien Morlet Université Paris-Sorbonne Institut universitaire de France UMR 8167 « Orient et Méditerranée », Antiquité classique et tardive Laboratoire d’excellence RESMED © BREPOLS PUBLISHERS THIS DOCUMENT MAY BE PRINTED FOR PRIVATE USE ONLY. IT MAY NOT BE DISTRIBUTED WITHOUT PERMISSION OF THE PUBLISHER.