60 LA DIVINATION ARCHAICHE EN ISRAËL ET LA MONOLÂTRIE JAHVISTE Pedro Paulo Abreu Funari (UNICAMP) Le rôle si important que les prophètes (R ʭʩʑ ʠʩʑ ʡʍ ʰ R ) ont joué dans l’Histoire du peuple juifTPF 1 FPT et, d’une façon particulière, dans le Christianisme primitifTPF 2 FPT, a parfois fait oublier que le mysticisme prophétique n’est qu’une des manifestations divinatoires communes avant l’avant l’Exil Babylonien. Mon objectif dans cette article se borne à trois points : i) établir une typologie des formes de divination en Israël d’après la Bible ; ii) étudier les morceaux bibliques et autres où l’on rencontre des informations à ce sujet visant à décrire les principaux divinations pratiquées ; iii) après ces deux démarches analytiques, j’essaierai d’expliquer historiquement et philosophiquement le changement d’attitude vers les pratiques divinatoires chez les juifs. Je n’entends pas être exhaustif en ce qui concerne les sources car cela serait l’œuvre, sinon d’une vie, au moins d’une thèse de doctorat. Je me borne donc au texte biblique hébreu standard, c’est-à-dire, traditionnellement adopté par les rabbins ; quand je propose une lecture différente de la version standard juive je la justifie expressément. Quand il faudra traduire un passage je citerai le texte latin de la Vulgate avec, quelques fois, l’original hébreu à côté. Je ferai mention encore de quelques textes grecs, et en premier lieu de JosèpheTPF 3 FPT, mais aussi CelsusTPF 4 FPT et le Nouveau TestamentTPF 5 FPT. Je n’ai pas cherché à faire usage du Talmud à cause non seulement de l’immensité de l’œuvre mais aussi parce que pour cela il me faudrait étudier une toute autre conception, celle du Judaïsme rabbinique consécutif à la destruction de Jérusalem. LECTURE DES SIGNES ET POSSESSION EN ISRAËL Les juifs connaissaient deux types de divination, l’une traditionnelle et pré- Jahviste et l’autre, dans l’état actuel de nos connaissances, liée directement au Dieu National d’Israël. La première constitue une IJȑχȞȘTPF 6 FPT (R ˒תʰʔ ʮʏ ʠ R ) de lecture des signes, TP 1 PT A ce sujet voir la vision d’ensemble de J. Lindblom. Prophecy in Ancient Israel, Oxford, 1962. TP 2 PT Cf. Act. 16,9; 18,9. TP 3 PT Bell. 3, 393-397; cf. 351. TP 4 PT Orig. C. Cels 7,9. TP 5 PT Voir note 2 et, de plus, Act. 1,26 ; 19. TP 6 PT On se rappelle, dans ce contexte, de la définition de Platon à ce sujet dans son Phèdre 244b : IJ Ȟ παȜαȚ Ȟ Ƞ IJ ȞȩȝαIJα IJȚșȑȝİȞȠȚ Ƞ α ı ȡ Ȟ ȖȠ ȞIJȠ Ƞ įİ ȞİȚįȠȢ ȝαȞίαȞ Ƞ Ȗ ȡ Ȟ IJ αȜȜίıIJ IJȑχȞȘ. On doit dire, néanmoins, que le sens spécifique ici adopté oppose la IJȑχȞȘ en tant que scientia (cf. Cic. De nat. deor. 2,65 ; Sénêque Nat. quaest. 2,32), diuturna obseruatio alicuius rei (Cic. REVISTA ELETRÔNICA ANTIGUIDADE CLÁSSICA – 001/SEM. I/2008/ PP. 60-69