Chapitre 4: Changement climatique et adaptation des terroirs viticoles ? L’adaptation multiforme des terroirs viticoles au changement climatique : un cas d’étude comparatif France (Roussillon)/Australie (McLaren Vale) Lereboullet AL 1 , Beltrando G 1 , Bardsley DK 2 1 Univ. Diderot-Sorbonne Paris Cité, UMR 8586 du CNRS (PRODIG) ( c.c. 7001), 5 rue Thomas Mann, 75205 Paris Cedex 13, France, anne-laure.lereboullet@etu.univ-paris-diderot.fr; beltrando@univ-paris-diderot.fr 2 Dept. Geography, Environment and Population, Univ. Adelaide, North Terrace Campus, SA 5005 Adelaide, Australia, douglas.bardsley@adelaide.edu.au I. La vulnérabilité de la viticulture méditerranéenne face au changement climatique Tout comme d’autres secteurs agricoles particulièrement sensibles aux variations du climat, la viticulture est, et sera amenée, à s’adapter aux changements climatiques de long terme prévus par le GIEC (2007). Les simulations des modèles numériques de climat s’accordent pour prévoir, dans les régions de climat méditerranéen, un réchauffement de la température de l’air et une perturbation des régimes de précipitation, avec un accroissement de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes. Cela devrait se traduire par une fréquence accrue de vagues de chaleur et de sécheresse, notamment en été (GIEC, 2007 ; Della-Marta et al., 2007 ; Giorgi et Lionello, 2008 ; Mariotti et al., 2008 ; Garcia-Ruiz et al., 2011), ce qui pourrait être particulièrement problématique pour une production viticole de qualité en milieu méditerranéen (Jones et al., 2005 ; White et al., 2006). Historiquement, le succès de la viticulture de climat méditerranéen est à la fois bioclimatique et humain. Non seulement le pourtour du bassin méditerranéen a longtemps offert des conditions idéales en termes de précipitations, températures, stress hydrique et insolation pour la culture pluviale de la vigne, mais elle permet également de mettre en valeur des sols pauvres et secs et mal adaptés à d’autres types de culture. La viticulture méditerranéenne peut être caractérisée d’un point de vue climatique par des étés chauds et secs et des précipitations en automne-hiver-printemps variables d’une année sur l’autre. Elle correspond aux classes « tempéré chaud », « chaud », voire « très chaud » de la classification de Huglin (1978). Bien que le bassin méditerranéen (France, Espagne, Italie notamment) soit encore le premier producteur en surfaces et en volume (OIV, 2011), ce type de viticulture s’est exporté au cours du XXe siècle dans d’autres régions du monde, grâce à son potentiel de production à forte valeur ajoutée : Californie, Chili, Afrique du Sud, Australie, qui font partie des régions productrices dites « du Nouveau-Monde ». La figure 1 situe les vignobles méditerranéens dans le monde.