Christophe PERROT – Psychanalyste – Psychothérapie – Paris Site : therapiepsyparis.com LE MOTIF DU CHOIX DES TROIS COFFRETS Le sujet choisi pour cette étude est l’article de Freud intitulé « Le motif du choix des trois coffrets » (Das Motiv der Kästchenwahl) paru dans "Imago", vol. 2 en 1913, puis dans la quatrième série de la "Sammlung Kleiner Schriften zur Neurosenlehre" . Dans une première partie je me propose d’expliquer les thèses exposées par l’auteur puis je consacrerai la seconde partie de l’exposé à une analyse des thématiques que ce texte m’inspire. I.PREMIÈRE PARTIE Dans « Le Motif du choix des trois coffrets », Freud réalise le décryptage d’une figure féminine de la mort, représentation déformée par le désir inconscient qui fait apparaître la mort dans le choix qu’un homme effectue entre trois coffrets. Pour cela FREUD prend appui sur deux pièces de Shakespeare : Le Marchand de Venise dans lequel un passage est consacré à trois coffrets parmi lesquels un prétendant doit choisir. De son bon choix dépendent ses fiançailles. L’autre pièce est Le Roi Lear, dans laquelle il s’agit directement de trois jeunes femmes : les filles du Roi Lear entre lesquelles le roi doit choisir pour léguer son royaume. FREUD étaye ses démonstrations en prenant aussi appui sur d’autres contes et mythes. A. Le choix de la troisième ou l’apologie du silence et de la beauté Le Roi Lear doit choisir son héritière entre l’aînée Goneril, perfide et sournoise, la deuxième prénommée Réjane aussi fielleuse qu’hypocrite et enfin la plus jeune Cordelia, sincère et intransigeante. Bien qu’étant sa préférée Cordélia n’est pas choisie par Lear car avec sincérité, calme et franchise elle affirme qu’elle prendra un époux qu’elle aimera et donnera à son père l’affection qui lui est due. Lear, blessé que l’amour que Cordélia lui porte ne soit pas inconditionnel et exclusif à tout autre, la déshérite, la chasse du royaume et lègue son royaume a ses deux aînées. Trompé par son entourage Lear ne pourra que déplorer les conséquences de son erreur car Cordelia mourra le laissant inconsolable et seul. Dans Le Marchand de Venise , Bassanio obtient Portia pour fiancée grâce au choix opportun du troisième coffret parmi les trois qui lui sont proposés. Pour Freud ce choix de Bassanio et le «non choix» malheureux de Lear ne tiennent pas au hasard mais répondent à une logique. Freud fait remarquer que Cordelia est la plus belle et est rejetée au profit des deux autres. Lear rejette donc la beauté. Dans Le Marchand de Venise d’emblée Bassanio choisi Portia qui incarne elle aussi la beauté. Le statut des femmes dans les deux pièces est différent puisque dans Le Marchand de Venise Portia est promise à Bassanio tandis que dans la tragédie Le Roi Lear le choix intervient