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Date : 7/3/2013 16h6 Page 365/447
CHAPITRE 13
La migration et la libre circulation
Christine Straehle
Dans un monde véritablement juste, les gens se « déplaceraient
pour des raisons idiosyncrasiques », comme le fait de tomber amou-
reux, ou parce qu’ils préfèrent le climat ailleurs comparativement à
l’endroit où ils sont nés, nous disait le philosophe politique Brian
Barry
1
. Or, ce n’est pas le cas dans notre monde, où les gens se
déplacent pour des raisons diverses, mais où très peu des millions
qui le font agissent en fonction des raisons idiosyncrasiques que
Brian Barry avait à l’esprit. Au lieu de cela, une grande partie de
ceux qui se déplacent le font pour échapper aux fardeaux insoute-
nables qui les accablent dans leur pays d’origine ; parce qu’ils espè-
rent avoir accès à de meilleures opportunités pour eux-mêmes ou
leurs enfants ; ou encore simplement afin de mener la vie qu’ils sou-
haiteraient vivre. Or, la plupart du temps, le chemin vers un monde
plus propice à la réalisation de leurs espoirs est parsemé d’obstacles.
Afin de quitter leur pays d’origine, les citoyens de certains États
doivent obtenir une autorisation de sortie (penser à l ’ Iran par
exemple) et plusieurs, sinon la majorité, d’entre ceux qui souhaitent
émigrer dans les pays développés et riches doivent obtenir des visas,
des permis de travail et ainsi de suite afin d’avoir le droit d’y entrer.
La migration et la libre circulation sont réglementées à travers le
monde, et ceux qui espèrent passer d’un pays à un autre doivent
franchir des frontières gardées par des personnes armées.
1. B. Barry [1992], p. 279.
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