1 Les artefacts dans la conception d’environnements de formation : Analyse de l’activité de trois étudiants dans un Centre de Ressource de Langues Myriam Meuwly-Bonte et Fabrice Roublot, Université de Genève 1. Objectifs de l’étude En partant des présupposés épistémologiques de l’enaction (Maturana & Varela, 1994) et d’une définition particulière de l’activité humaine (Peirce, 1905/2003), nous discutons, dans cet article, la notion d’objet en termes d’artefact dans la conception d’environnement de formation. Au travers de l’analyse de l’activité de trois étudiants en biochimie dans un Centre de Ressources de Langues (CRL), nous cherchons plus spécifiquement à identifier l’importance que les productions matérielles humaines peuvent revêtir dans l’efficience des environnements de formation. L’environnement auquel nous nous intéressons a pour particularité d’être conçu pour favoriser l’apprentissage autonome de la langue anglaise. L’activité individuelle des étudiants dans cet environnement repose essentiellement sur les relations avec les différentes ressources matérielles qui le constituent. En nous focalisant sur l’activité de sélection et d’utilisation des artefacts de trois étudiants en biochimie, les résultats d’analyse nous ont permis d’engager une réflexion sur les différentes interrogations qu’occasionnent l’identification et l’évolution des ressources matérielles lors de la conception d’un environnement de formation : Quelles ressources proposer aux apprenants ? A quel moment les différents acteurs de l’environnement de formation doivent-ils faire évoluer ces ressources ? Comment faire évoluer ces ressources ? Dans la perspective de discussion de ces différentes interrogations, nous proposons de centrer notre analyse sur la relation que les trois étudiants entretiennent avec les différentes ressources matérielles du CRL. En nous référant à l’approche de l’enaction et à la phanéroscopie, nous construisons, dans une première partie, trois catégories descriptives permettant de discriminer ces différentes relations. A la suite du repérage de ces trois catégories au sein de notre corpus, nous discutons, dans une dernière partie, la notion de potentiel formateur d’une ressource, et montrons, comment, au travers de l’analyse de l’activité des apprenants, elles peuvent participer à la structuration d’environnements efficients de formation.