Recherches n° 55, Brouillons, 2011-2 LA QUESTION DU SUPPORT DANS LES APPRENTISSAGES : LE CAS DU « GRAND BROUILLON » François Le Goff Université de Toulouse, IUFM École interne LLA (ÉA 4152) Les activités de lecture en classe de français impliquent fréquemment une pratique d’écriture dont la fonction est variable : prises de notes, réponse argumentée à une question, rédaction des « impressions » de lecture, recensement des indices textuels, copie de citations, interprétations, projet planifié d’un commentaire littéraire. Ces traces hétérogènes de lecture peuvent entrer dans la catégorie commode du brouillon que l’élève gère d’ordinaire seul, fort de son expérience de scripteur au cours de laquelle il a engrangé, souvent sur le mode du bricolage et de l’intuition, quelques principes et méthodes de rédaction de commentaire. C’est autour de ce type d’écrit singulier, finalement assez peu considéré dans le travail de l’élève, qu’une équipe de professeurs toulousains a mis en place une expérimentation, dans le cadre d’une Recherche INRP. Cet article présente un bilan de mi-parcours de l’introduction dans les classes d’un support original que nous avons nommé le « Grand Brouillon ». Sans anticiper sur l’analyse qui va suivre, je précise dès à présent que c’est le brouillon dans sa matérialité concrète et dans sa dimension spatiale qui est au coeur de notre problématique. Toutefois, et on le verra au cours de l’article, ces considérations spatiales intègrent des considérations temporelles qui font du brouillon un espace-temps cognitif peut-être plus important qu’il n’y parait, dans une pratique scolaire de la lecture littéraire. Nous envisagerons donc la notion de brouillon à la fois comme un espace original par sa forme et comme un temps de l’activité de l’écriture littéraire, premiers pas dans la lecture d’un texte dans le cadre d’une lecture analytique ou de la préparation à un