83 e-CRIT La réception de Dante à l’époque Romantique en Grande-Bretagne : transformations de genre dans Mathilda et Valperga de Mary Shelley Antonella BRAIDA That 1818 should mark the transformation of Dante’s fate is in part a result of the cultural ambience of that time, but it is also in part the result of the popularizing work of three men : Henry Francis Cary, Samuel Taylor Coleridge, and Ugo Foscolo. In a very real sense, these men were not Dante’s promoters or propagators as much as they were his creators. They conditioned the Florentine’s nineteenth-century reception by transforming him into their own images, fabricating a ‘Romantic’ Dante 1 . Le processus de canonisation de Dante en Angleterre, comme le souligne Cooksey, coïncida avec le mouvement Romantique, dont un aspect les plus importants fut la redécouverte, l'engouement et la fascination pour le Moyen-âge. Le poème épique de Dante, la Divine Comédie, fut pour la première fois traduit en langue anglaise dans les années 1780, sous plusieurs formes et prosodies, mais seule la traduction en vers non rimés de Henry Francis Cary attira l’attention des critiques littéraires ainsi que des poètes 2 . Au cours de l’année 1818 Samuel Taylor Coleridge, William Hazlitt et l’émigré italien Ugo Foscolo donnèrent des conférences publiques et publièrent des articles ayant Dante pour sujet et qui faisaient maintes référence à la traduction de Cary. Cette traduction devint un 'bestseller', dans le sens moderne du terme, et quatre éditions furent publiées pendant la vie du traducteur. La réception de Dante contribua en outre au 1 Thomas L. Cooksey, « Dante’s England : the Contribution of Cary, Coleridge and Foscolo to the British Reception of Dante », Papers on Language and Literature, n°20, 1984, p. 355-6. 2 Henry Francis Cary, The Vision, or, Hell, Purgatory and Paradise of Dante Alighieri, 3 vols., Londres, Taylor and Hessey, 1814 et 1819 ; The Vision of Dante, London, Peacock, Mansfield, 1844. Les citations sont tirées de cette edition.