Journal of Coptic Studies 15 (2013) 239–252 doi: 10.2143/JCS.15.0.3005422 UN SYMBOLE DE NICÉE-CONSTANTINOPLE EN COPTE AU VERSO D’UN PROTOCOLE ARABE ÉDITION DE P. STRAS. INV. KOPT. 221+224 P AR A LAIN D ELATTRE ET N AÏM V ANTHIEGHEM La Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg possède une importante collection de papyrus, papiers et ostraca écrits dans diffé- rentes langues 1 . Si la partie grecque a été bien exploitée, ce n’est pas le cas des textes coptes et arabes. Depuis quelques années, plusieurs projets d’étude ont vu le jour et tentent de combler cette lacune 2 . Dans ce cadre, nous proposons l’édition du papyrus inédit P. Stras. Inv. Kopt. 221+224. Le document est incomplet: il n’en subsiste que deux fragments de papyrus, l’un de grandes dimensions (17 ≈ 27,6 cm), l’autre plus petit (15,5 ≈ 11,8 cm). On lit au recto les restes d’un protocole arabe, c’est-à- dire une sorte de «timbre fiscal», qui reprend les noms de hauts respon- sables et parfois des formules religieuses ou des renseignements sur la date et le lieu de fabrication du rouleau 3 . Le texte de Strasbourg suit un formulaire bien connu, qui se fait l’écho d’une polémique anti-chrétienne (voir comm. 1, 2-3). On y lit le nom de l’émir al-Lay† fils d’al-Fa∂l, qui fut gouverneur d’Égypte, entre 798 et 803, sous le califat de Harun al- Rasid (786-809), et les restes de la date; ces éléments permettent de déterminer que le texte a été écrit entre 799 et 803 (voir comm. 1, 11). Un symbole en copte a été noté au verso du protocole. Le prix du papyrus ou le manque de support d’écriture amenait en effet souvent les * Nous remercions vivement M. Daniel Bornemann, Conservateur en charge des Réserves à la BNU, pour sa disponibilité et l’aide qu’il nous a apportée durant un séjour de recherches à Strasbourg. 1 Martin et Heilporn, «La collection», 77-80. 2 Pour le copte, on citera Louis, «“Re-trouvailles”» et Boud’hors, Delattre, Louis et Richter (éd.), Textes et documents. Pour l’arabe, Thomann, «P. Stras. Ar. Inv. 266» et Vanthieghem, «Un reçu». 3 Sur les protocoles en général et grecs en particulier, voir la synthèse de Diethart, Feissel et Gascou, «Les prôtokolla»; voir aussi, pour les protocoles byzantins, Delattre, «Deux protocoles byzantins». Pour les protocoles arabes, on se reportera à Grohmann, Protokolle et Grohmann, «Zum Papyrusprotokoll», 10-13; et plus récemment Malczycki, «The Papyrus Industry».