10 Le nouveau partenariat ACP-Union européenne : mythe ou réalité ? Léonard Matala-Tala Deux grandes raisons ont conduit l’Union européenne (UE) à développer ses relations extérieures (Commission européenne, 2007a, 5) : d’une part, après la création de l’union douanière, les six pays fondateurs ont dû assumer collectivement la responsabilité de leurs relations commerciales avec les pays tiers en instaurant une politique commerciale commune. D’autre part, ces mêmes États ont convenu de partager le financement d’une fraction de l’assistance qu’ils fournissaient à leurs anciennes colonies, plus spécialement en Afrique, à mesure que celles-ci accédaient à l’indépendance. C’est dans cette dernière perspective que s’inscrit cette contribution qui porte sur les relations extérieures de l’Union, plus particulièrement les relations ACP-UE (Afrique Caraïbe Pacifique – Union européenne). La philosophie communautaire à l’égard des pays en développement s’est dotée d’une base juridique spécifique dans le traité, aux articles 208- 211 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) : quatre articles qui consacrent des objectifs que l’Union européenne pourra réaliser dans le cadre de cette compétence subsidiaire et ipso facto complémentaire de la politique des États membres. Ces actions sont appelées à s’agencer afin d’optimiser cette politique qui vise aussi à assurer sa présence sur l’échiquier international. Aujourd’hui, la coopération au développement, notamment envers les États ACP, est une politique communautaire autonome fondée sur les spécificités et l’expérience acquise depuis la première convention de Yaoundé en 1963. Cette compétence « n’est pas exclusive. Les États membres sont donc en droit de souscrire eux-mêmes des engagements à l’égard des États tiers collectivement ou individuellement, voire conjointement avec la