Suivi Temporel des Rhopalocères de France : bilan 2006-2007 1 Suivi Temporel des Rhopalocères de France Bilan 2006-2007 Luc Manil 1 , Pierre-Yves Henry 2 , Alexandre Lerch 1 , Cécile Edelist 2 , Karine Ancrenaz 2 , Michel Gaboly 1 , Benoît Fontaine 2 , Romain Lorrillière 2 et Romain Julliard 2 1 Association des Lépidoptéristes de France, 45, rue Buffon, F-75005, Paris. E-mail : sterf.manil@free.fr 2 Département Écologie et Gestion de la Biodiversité, Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), 55, rue Buffon, F-75005 Paris. E-mail : henry@mnhn.fr Définition Le STERF, ou Suivi Temporel des Rhopalocères de France, est un programme conjoint entre le Département Écologie et Gestion de la Biodiversité du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris) et le milieu associatif, dont l’Association des Lépidoptéristes de France ( antérieurement Lépidoptéristes parisiens) est le principal promoteur. Contexte L'Union Européenne s'est engagée à stopper l'érosion de la biodiversité en 2010, chaque état membre devant mesurer sa progression vers cet objectif. Jusqu’il y a peu, le seul indicateur dont nous disposions en France était celui basé sur le suivi des oiseaux communs (indicateur STOC, qui contribue à l'indicateur structurel pour le développement durable adopté par l'UE ; Julliard & Jiguet 2005). Or, il est évident que les oiseaux seuls ne peuvent pas nous informer sur l’évolution de l’ensemble de la biodiversité. Il était donc nécessaire de développer des suivis sur d’autres groupes animaux et végétaux, effort dans lequel s’inscrit le programme Vigie-Nature du Muséum National d'Histoire Naturelle (plus d’information sur http://www.mnhn.fr/vigie- nature/). Après les oiseaux, le groupe taxonomique le mieux suivi en Europe est celui des papillons de jour, dits rhopalocères (Van Swaay & van Strien 2005, Van Swaay et al., sous presse ; http://www.bc-europe.org/). Dans le cadre des suivis de tendance de la biodiversité, les papillons de jour sont particulièrement intéressants, car ils sont très sensibles aux modifications de l’habitat (par ex. disparition des zones humides et prairies sèches, dégradation par les produits phytosanitaires) et aux changements climatiques (Thomas, 2005). Par exemple, en Europe, pour les rhopalocères de milieu prairial, les densités ont été divisées par 2 en 14 ans (résultat extrait des ‘suivis temporels’ européens ; Van Swaay & van Strien, 2005) ! Par ailleurs, les papillons de jour ont un avantage pratique : ils sont facilement observables sans nécessité de capture ou d’équipements spécialisés et sont donc bien adaptés au recensement par des naturalistes spécialisés ou plus généralistes (Pollard & Yates 1993 ; Roy et al. 2007). A l’échelle française, et jusqu’à la mise en œuvre simultanée de ce programme et de l’Observatoire des papillons de Jardins (OPJ), aucun programme ne permettait de suivre les variations dans le temps et dans l’espace d’abondance et de composition des communautés de papillons diurnes communs. C’est donc dans