Renaissance and Reformation / Renaissance et Réforme 30.2, Spring/printemps 2006 Of Solitude, Skepticism, and Subjectivity: Michel de Montaigne’s poêle in La Villa Scot D. Juall University of North Carolina Wilmington Cet article examine les expériences de solitude de Michel de Montaigne aux bains de La Villa dépeintes dans le Journal de voyage en Italie (1580–1581), ouvrage autobiographique portant en grande partie sur les épreuves de l’écrivain devenu voyageur en essayant de se guérir d’un cas sérieux et chronique de calculs rénaux. Les remèdes futiles que Montaigne cherche sans cesse pendant ses séjours à La Villa et les efets sur son esprit qui en résultent jouent un rôle d’une importance capitale dans le développement de sa conception du scepticisme à l’égard de la médecine, préalablement décrit dans les essais “Apologie de Raimond Sebond” (II, 12) et surtout “De la ressemblance des enfants aux peres” (II, 37). Cete analyse, qui procède donc d’un point de vue philosophique ainsi que litéraire, considère en particulier le rôle du rapport entre la solitude, le scepticisme à l’égard de la médecine—ancienne aussi bien que contemporaine—, l’empirisme, et l’ontologie de Montaigne dans l’établissement de la subjectivité proto-, voire méta-cartésienne, au seuil de la modernité. T heorists have long acknowledged that René Descartes’ revelations in the poêle marked a signi icant step in the development of modern thought. Widely considered the founder of modern philosophy, Descartes made unique statements on the human as an individual thinking entity while developing a method for ind- ing certainty of truth. We are all familiar with Descartes’ unshakeable principle “je pense, donc je suis,” his irst foundation of metaphysics frequently referred to as the cogito—regarded today as the basis of modern subjectivity—, as well as his mind/ body dualism and proof of the existence of God and the soul. Scholars of philosophy and literary criticism such as Hassan Melehy have compared representations of the self in Descartes’ oeuvre with that in Michel de Montaigne’s Essais in particular, concluding that the sixteenth-century essayist is somewhat distant from ataining the seventeenth-century philosopher’s status as a modern subject. 1 Melehy argues that because of Montaigne’s inconstant thought, numerous and changing perspec- tives, non-chronological writing, and frequent additions to the Essais, his writing relects a fragmented, decentred subject—one that is “anything but an integral, self-