Öt Kontinens, Eötvös Loránd Tudományegyetem, Budapest, 2006. 35 D. Gusztáv Kecskés La politique étrangère de la France envers l’Europe centrale et orientale de 1945 à 1956. Le cas hongrois 1 Quand et comment s’est formée la nouvelle conception du Quai d’Orsay? La place de l’Europe centrale et orientale dans la perspective de la politique étrangère française a été définie depuis la seconde moitié du XIX e siècle – comme sur un plan plus général depuis le XVI e siècle – par des facteurs situés hors de la région. Les impulsions ont été dues surtout aux défis lancés à la sécurité extérieure de l’État français par la menace allemande, 2 tandis que la conjoncture actuelle des relations internationales fixait les cadres des changements. Bien que le but fondamental de la politique étrangère de la France restât inchangé, c’est-à-dire la défense contre l’Allemagne, les événements de la période de la seconde Guerre Mondiale ont clairement prouvé que l’Europe centrale et orientale ne pouvait pas y contribuer. Jusqu’au printemps 1944, toute la région a été occupée par les Allemands, plus tard, avant la fin de la guerre, c’est l’armée soviétique qui l’a prise sous son contrôle. L’étroitesse de l’arsenal de moyens des politiques étrangères françaises – du gouvernement collaborateur de Vichy et de la France Libre – s’est révélée évidente par le fait que les deux «centres» attachaient une importance primordiale à la diplomatie culturelle pour conserver les vestiges de la présence française. 3 Les faits suivants montrent bien la faiblesse de la France et le dépérissement de sa capacité d’agir en Europe centrale et orientale: le 1 Cf. Gusztáv KECSKES, Franciaország Közép-Kelet-Európa politikája 1918-tól napjainkig (La politique étrangère de la France envers l’Europe du Centre-Est de 1918 à nos jours), projet OM NKFP 5/020/2001, 213p. (manuscrit). 2 Ignác ROMSICS, «Détruire ou reconstruire l’Autriche-Hongrie? Franciaország dunai politikájának dilemmája a XX. század elején» (Le dilemme de la politique danubienne de la France au début du XX e siècle), IN: Ignác ROMSICS: Helyünk és sorsunk a Duna-medencében (Notre place et notre sort dans le bassin du Danube), Osiris, Budapest 1996. 11. 3 Sur les relations entre la France de Vichy et la Hongrie voir Viktória MÜLLER, «A francia-magyar kapcsolatok a francia sajtó tükrében (1940-1944)» (Les relations franco-hongroises à partir de la presse française (1940-1944)), IN: FISCHER Ferenc – MAJOROS István – VONYÓ József (dir.): Magyarország a (nagy)hatalmak erőterében. Tanulmányok Ormos Mária 70. születésnapjára (La Hongrie dans le champ de forces des (grandes) puissances. Études pour 70 e anniversaire de Mária Ormos)], Pécs 2000. 445-453. Du même auteur: «L’action d’André Hallier en Hongrie en faveur des évadés français. Souvenirs d’un attaché militaire (1942-1945)», Specimina Nova, Pécs 2000. 53-64. «Robert de Dampierre. Un acteur des relations franco-hongroises (août 1940-décembre 1942)», Relations internationales, nº 107, automne 2001, 375-383. «Francia-magyar kulturális kapcsolatok a második világháború alatt» (Les relations culturelles franco-hongroises pendant la seconde Guerre Mondiale), Öt Kontinens. Az Új- és Jelenkori Egyetemes Történeti Tanszék tudományos közleményei, Eötvös Lóránd Tudományegyetem, Budapest 2004. 249-262. Sur l’attitude de l’équipe de De Gaulle: Antoine MARES, «La France Libre et l’Europe centrale et orientale (1940-1944)», Revue des Études slaves, tome 54 e , fascicule 3, Paris 1982. 305-336.