1 Timbre des sons environnementaux Patrick Susini, Stephen McAdams, Nicolas Misdariis, Guillaume Lemaitre, Suzanne Winsberg Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (STMS-IRCAM-CNRS), 1 place Igor-Stravinsky, F-75004 Paris, France. Email : {susini,misdarii,smc,winsberg}@ircam.fr Les enjeux écologiques et ergonomiques nous obligent à réfléchir sérieusement sur les sons de notre environnement qu’ils soient produits volontairement (interfaces humain- machine, signalétique sonore, …) ou non (machines, produits domestiques, activités humaines, …). Nous avons besoin de certaines des informations contenues dans les sons pour nous informer sur le fonctionnement d’un appareil ou pour nous communiquer un message : le bon fonctionnement d'un ordinateur est confirmé par le son du disque dur, un danger est immédiatement identifié par le son du klaxon. Ces informations dépendent des caractéristiques acoustiques des sons dont la configuration a des conséquences aussi bien en terme d’esthétique qu’en termes fonctionnels ou encore de reconnaissance d’une source sonore [1]. Le problème consiste donc à déterminer les dimensions du timbre qui sont pertinentes d’un point de vue perceptif pour une même famille de sources sonores. Depuis les travaux de Plomp [2], plusieurs études psychoacoustiques ont montré clairement que le timbre est un attribut multidimensionnel de la perception auditive en utilisant les techniques d'analyse multidimensionnelle de dissemblances. Grey [3] a dégagé trois dimensions perceptives saillantes relatives à ce facteur qui sont partagées par tous les timbres testés. Utilisant une autre technique d'analyse, Krumhansl [4] a également trouvé un espace en trois dimensions partagées, mais avec un poids (appelé "spécificité") plus ou moins fort sur certains timbres qui indique un degré de différence individuel, dont l'espace des dimensions communes ne rend pas compte, et qui éloigne ce timbre de tous les autres selon un critère perceptif supplémentaire. De manière similaire, nous avons réussi à établir une relation quantitative entre des paramètres acoustiques et les coordonnées des timbres dans un espace perceptif de sources sonores de notre environnement telles que des voitures, des convecteurs d’air climatisé ou encore des klaxons [5, 6, 7]. De manière similaire aux études consacrées au timbre des instruments de musique, les espaces perceptifs obtenus sont constitués de trois dimensions. Cette analogie souligne que notre capacité perceptive permettant d’élaborer une représentation mentale des sons environnementaux ou instrumentaux est similaire et se limite en général à trois dimensions perceptives. De plus, les paramètres acoustiques ou psychoacoustiques expliquant les dimensions perceptives sont en partie du même ordre ; en effet, à sonie équivalente, les paramètres révélés sont le centre de gravité spectrale, la déviation spectrale et la rugosité, paramètres que l’on retrouve pour la