Xème Congrès International de l’ACAPS, Toulouse, 29 octobre-1 novembre 2003 LA COMPOSANTE NEGLIGEE DE L’ESTIME DE SOI : SA DYNAMIQUE Didier Delignières, Grégory Ninot, Christophe Gernigon, Marina Fortes, Yannick Stephan Université Montpellier I Christophe Maïano Université Nice Sophia Antipolis Composition du symposium : D. Delignières, M. Fortes & G. Ninot : La dynamique fractale de l’estime de soi G. Ninot, M. Fortes, & D. Delignières : Causalités et soi physique C. Maïano* & G. Ninot**: Insuffisance respiratoire chronique et variabilité du soi physique Y. Stephan, J. Bilard, G. Ninot, D. Delignières : L’arrêt de carrière sportive de haut niveau: Entre déséquilibre et retour vers l’équilibre. Les recherches en psychologie sociale et cognitive se sont principalement cristallisées dans une approche nomothétique, tentant de mettre à jour un fonctionnement épistémique, et ramenant un ensemble d’individus à un modèle moyen. Cette approche a permis de doter ces psychologies d’une solide assise scientifique, par la validation d’instruments de mesure pertinents et la construction de plans expérimentaux rigoureux. Cette tradition de recherche comporte cependant des limitations importantes, qui à notre sens interdisent l’élucidation complète de mécanismes régissant les construits. Ce séminaire vise à présenter les prémisses d’une nouvelle approche, que l’on peut caractériser par une centration sur la dynamique des dimensions auto-évaluatives, dans une perspective idiographique, et prenant en compte la complexité des systèmes étudiés. Nous illustrerons cette approche au travers des travaux réalisés sur l’estime de soi. Approche nomothétique ou idiographique ? L’approche nomothétique tente d’inférer des réponses d’un groupe de sujets un modèle moyen. Dans ce sens, les fluctuations des individus par rapport à ce modèle sont assignées à des erreurs aléatoires et sans signification. Même si dans des perspectives différentielles on admet que plusieurs modèles qualitativement différents puissent exister, il n’en demeure pas moins que les comportements individuels sont ramenés à un nombre restreint de modèles génériques. Dans la mesure où le fonctionnement psychologique est éminemment individuel, nous faisons l’hypothèse qu’une réelle compréhension de ce fonctionnement doit reposer sur une approche idiographique, centrée sur l’étude d’individus, considérés de manière isolée. Une telle approche ne doit pas basculer dans le particularisme, empêchant ensuite toute tentative de généralisation des résultats. Le principe qui nous anime est de tenter de caractériser finement le fonctionnement d’individus, et de chercher dans un second temps ce que ces fonctionnements individuels ont en commun. Approche statique ou dynamique ? Alors que l’on affirme depuis des décennies que les émotions, les représentations ou les motivations s’inscrivent dans une dynamique perpétuelle tout au long de la vie des individus, l’approche nomothétique induit plutôt une vision fixiste de ces construits. La lourdeur des instruments de mesure et la nécessité de recourir à des effectifs importants interdisent le plus souvent la réalisation de mesures répétées. La mise en évidence de l’historicité des construits psychologiques nécessite le