es réformes des Tanzimat visaient fondamentalement, comme on le sait, à la séparation des différentes fonctions (militaires, administratives, judiciaires, etc.) dans l’Empire ottoman. Dans ces circonstances, les cadis qui exerçaient jusque-là un ensemble de tâches relevant non seule- ment des affaires judiciaires, mais aussi notariales, administratives, voire municipales, virent leurs prérogatives limitées aux seules fonctions judi- ciaires. Au niveau régional, les fonctions civiles administratives furent confiées à des kaymakam. Avec la création de municipalités (à partir de 1854), les tâches d’administration municipale furent progressivement confiées à des ≤ehremini. Il ne devait donc rester aux cadis que les fonc- tions judiciaires, qui furent réduites à leur tour par la formation de conseils provinciaux (à partir des années 1840) auxquels ont été données des compétences relevant de la justice administrative, puis par la création des tribunaux Nizamiye, fruits de la modernisation et de la sécularisation du système judiciaire (réglementés et systématisés en 1879). La maigre place consacrée dans la littérature aux cadis dans l’Empire ottoman aux XIX e -XX e siècles concerne généralement cette restriction progressive de leurs prérogatives au domaine du droit individuel et familial 1 . Nathalie CLAYER 33 Nathalie Clayer est chargée de recherche au CNRS, ESA 8032 «∞Études turques et ottomanes∞», 54 boulevard Raspail, 75006 Paris, France. 1 Cf. Ismail HAKKI UZUNÇAR≤ILI, Osmanlı Devletinin Ilmiyye Te≥kilâtı, Ankara, TTK, 1984 (1965 1 )∞; Abdülaziz BAYINDIR, Islam Muhakeme Hukuku, Istanbul, Islami Ilimler Ara≥tırmaları Vakfı, 1986∞; H. INALCIK et C.V. FINDLEY, «∞Mahkama. II. Empire ottoman∞», EI 2 , s.v.∞; ≤er’iye Sicilleri, Istanbul, Türk Dünyası Ara≥tırmaları Vakfı, 1988∞; L LES CADIS DE L'APRÈS TANZIMAT : L'EXEMPLE DES CADIS ORIGINAIRES D'ERGIRI ET LIBOHOVA Turcica, 32, 2000, pp. 33-58