V th International Conference of the Balkans Demography, Ohrid, Republic of Macedonia, 21-24 October 2015 Page 1 de 28 La population des Balkans à l’aube du XXI ème siècle The population of the Balkans at the dawn of the 21 st century Une approche alternative de la mesure de l’attractivité, en privilégiant les indicateurs démographiques Marie-Noelle Duquenne mdyken@uth.gr Stamatina Kaklamani kakltina@otenet.gr Résumé Le ralentissement de la croissance démographique observé dans de nombreux pays européens et spécialement dans l’espace balkanique est certes un enjeu politique majeur pour les gouvernants mais il ne peut masquer des réalités et des évolutions infranationales relativement disparates. Certains territoires – en particulier le littoral et de nombreuses zones périurbaines – présentent une réelle dynamique démographique reflétant bien souvent mais non exclusivement une attractivité résidentielle. A l’inverse, d’autres territoires sont caractérisés soit par la poursuite d’un long processus de déclin par manque d’accessibilité et de proximité soit par l’émergence d’un certain retournement de tendance, laissant supposer une perte relative de leur pouvoir attractif. Cette diversité spatiale de situations soulève explicitement la question de l’attractivité territoriale et des conditions de son émergence. La question de la dynamique territoriale fait l’objet d’un vaste débat scientifique et ce, depuis les années 1980 lorsque la composante spatiale entra explicitement dans les analyses du développement économique régional et que de nouveaux concepts tel celui du « retournement des hiérarchies spatiales » (Aydalot) donnèrent naissance à diverses approches alternatives du développement territorial. Les travaux théoriques et empiriques menés sur le concept d’attractivité sont essentiellement de nature économique dans la mesure où il est défini comme la capacité des territoires à attirer des activités productives et des investissements ou encore à attirer des revenus conformément à l’approche de l’économie résidentielle. La mesure de l’attractivité repose alors sur un ensemble d’indicateurs liés à la dotation en facteurs et plus récemment à l’émergence de ressources territoriales mais également à la localisation d’activités économiques basée aussi bien sur les forces centripètes (effets d’agglomération) que les forces centrifuges favorisant les effets de dispersion des activités. L’objet du présent travail est de proposer une approche alternative quoique complémentaire de la mesure de l’attractivité en privilégiant les indicateurs démographiques. C’est d’ailleurs à partir de la lecture du recensement de population de 1982 que Ph. Aydalot fut amené à développer son concept de retournement des hiérarchies spatiales. Si pour un territoire donné, l’attractivité est une capacité à attirer des activités, elle est tout autant une capacité à maintenir la population et à inciter de nouvelles populations à s’y installer ou encore à y séjourner régulièrement (résidences secondaires).