INSU — Prospective “ Sociétés et Environnements” — 5-6 Février 2004 115 Vers une évolution durable de l’anthroposystème Rapporteur: Patrick Blandin Avec la collaboration de: : P. Acot, P. Arnould, R.Barbault, D. Bergandi, J.-M. Betsch, D. Doumenc, L. Eymard, M. Griffon, C. Larrère, R. Larrère, J.-F. Noël, J.-L. Redelsperger, S. van der Leeuw, S. Voisin, J. Weber. Introduction Il est important de souligner d’emblée que l’on se situe dans un « espace conceptuel » encore extrêmement mouvant, en dépit des avancées produites par la dynamique des recherches interdisciplinaires sur l’environnement que l’on a connue depuis plus de deux décennies. L’on se souvient du projet du CNRS, au début des années 1980, de mettre en place des « Observatoires des changements écologiques, économiques et sociologiques »…Ces recherches ont indiscutablement contribué à structurer cet espace conceptuel, à montrer ce que peuvent être dans le concret des démarches véritablement interdisciplinaires, et à divulguer une terminologie opérationnelle. Pourtant, et c’est peut-être une bonne chose, la problématique n’est pas stabilisée ; l’irruption du développement durable comme projet politique explicite, et la perception accrue de la réalité du changement global, d’une part appellent à revisiter les thèmes des recherches en environnement, d’autre part demandent plus explicitement que jamais à clarifier la « fonction sociale » des scientifiques. Au premier plan, un projet politique, le développement durable, en arrière-plan, une diversité idéologique aux forts contrastes, entre les deux, des concepts incertains que l’on cherche à exprimer au travers d’un vocabulaire non stabilisé : les termes fixés pour l’intitulé de ce texte : « évolution durable » plutôt que « développement durable », « anthroposystème » plutôt que « biosphère », « écosphère » ou « planète », sont loin d’être neutres, non seulement du point de vue scientifique, mais aussi du point de vue idéologique. Dans ce contexte, comment développer une problématique de recherche ? « Doit-on connaître le monde différemment selon que la société veuille atteindre un développement durable plutôt que des objectifs plus classiques comme le progrès économique et social ou l’indépendance nationale ? L’émergence de la question du développement durable requiert-elle de nouvelles pratiques de recherche et pas seulement de nouveaux contenus ? ». Posant ces questions, Olivier Godard et Bernard Hubert [4] montrent que différents niveaux de réponses sont possibles ; retenons le plus ambitieux : « L’inscription de la recherche sous l’égide du développement durable conduit à faire de la recherche « autrement ». Démarches et pratiques seraient touchées, en particulier au stade de la formulation des questions et à celui de la mise en discussion des résultats, mais aussi de la méthode