La place et lactivitØ des personnes gØes dans sept capitales ouest-africaines 1 Philippe Antoine Le rôle social des personnes âgées est largement reconnu en Afrique, mais leur importance économique davantage méconnue ou sous estimée. Dans les ménages où une personne âgée est présente, elle est considérée et présentée, la plupart du temps, comme le chef de ménage. Est-ce un artifice statistique ou cela correspond-il à la réalité de l’organisation du ménage ? La situation des personnes âgées ne soulève guère d’intérêt, en raison de leur faible poids numérique. Pourtant leur sort mérite qu’on s’y arrête un instant et que l’on essaie au moins de dresser un début d’état de la question. Une part importante des ménages ont à leur tête des personnes âgées qui doivent trouver des ressources pour assurer les dépenses, et parmi les revenus possibles il y a ceux tirés d’une activité. Or pour les salariés, l’âge d’arrêt de l’activité fixé à 55 ans est perçu comme trop précoce car il implique une baisse trop importante des revenus. Au début des années 2000, la demande pressante d’un passage plus tardif à la retraite, de 55 à 60 ans, est une des revendications majeures des syndicats en Afrique de l’Ouest. Cet âge de la retraite marque la borne que nous retiendrons arbitrairement pour définir les personnes âgées, celles qui ont 55 ans et plus. Pour procéder à l’analyse de leur situation, nous avons retenu une enquête, réalisée dans sept capitales ouest-africaines, qui apporte des données originales permettant de mieux comprendre la situation économique de ces personnes âgées de 55 ans et plus et, en particulier, leur place sur le marché de l’emploi. 1 Cet article reprend en partie et dØveloppe certains ØlØments dune communication orale prØsentØe au Colloque international de lAIDELF « Population et travail. Dynamiques dØmographiques et activitØs », Aveiro, Portugal, 18-23 septembre 2006.