1 Le séisme luxembourgeois du 13 avril 1733: nouvelles recherches Elisabeth KNUTS, Pierre ALEXANDRE et Thierry CAMELBEECK (1) (1) Observatoire Royal de Belgique, Service Scientifique de Séismologie et Gravimétrie Si la plupart des grands tremblements de terre survenus en Belgique au cours des derniers siècles (séismes du 23 août 1504, 4 avril 1640, 18 septembre 1692, 27 décembre 1755, 18 février 1756, 20 janvier 1760, 23 février 1828, etc.) ont été également ressentis dans le Luxembourg (qu'il s'agisse du Grand-duché ou de la province belge), presque aucun d'entre eux n'avait son épicentre dans cette région des anciens Pays-Bas (voir le catalogue historique publié sur le site www.seismologie.be). La secousse du 13 avril 1733 fait exception: comme nous pensons pouvoir le démontrer, la zone épicentrale de cet événement se situe dans le nord du Grand-duché du Luxembourg, près de la localité de Grosbous où un souvenir épigraphique chose rare en Europe du Nord commémore ce phénomène tellurique. A. État de la question Le séisme du 13 avril 1733 est resté jusqu'à ce jour peu connu des sismologues. Les catalogues traditionnels de sismicité historique les plus anciens tels que ceux de Von Hoff (1840), Perrey (1847) ou Mallet (1852) n'en font pas mention. Une exception cependant: Sieberg (1940) qui évo- que le séisme dans son catalogue comme étant ressenti à Aix-la-Chapelle vers 20h15 avec une in- tensité de III. Cette faible intensité explique d'ailleurs qu'il soit absent du catalogue allemand de Leydecker (1986) qui se limite aux séismes d'intensité égale ou supérieure à IV. Plus récemment, le catalogue de Grünthal et Wahlstrom (2003) qui se réfère probablement à Sieberg, cite uniquement la date du 13 avril 1733 sans ajouter plus de précisions. Nous avons également pu constater que le tremblement de terre qui nous intéresse ne se retrouve dans aucune publication générale ou enquête séismologique parue depuis le XVIIIe siècle, à la dif- férence du séisme survenu le 18 mai 1733 à Mayence qui est, lui, cité fréquemment comme par exemple dans les ouvrages de Maschenbauer (1756), Seyfart (1756), Keferstein (1827) ou Botzong (1912), et qui a fait en outre l'objet d'un article spécifique de Vogt (1991). En fait, le seul travail scientifique que nous possédons sur cet événement du 13 avril 1733 est égale- ment dû à Jean Vogt, qui lui a consacré une étude parue dans l'ouvrage édité par P. Melchior, Sei- smic Activity in Western Europe (1985). Il est le premier à avoir souligné l'importance de ce séisme méconnu. Les résultats de son enquête se retrouvent d'ailleurs sur le site Internet de SisFrance (cata- logue des séismes ressentis en France des origines à nos jours). J. Vogt a trouvé des informations inédites jusqu'alors et ainsi localisé la perception de la secousse dans sept lieux différents: Aix-la- Chapelle, Flamierge, Grosbous, Insenborn, Saint-Hubert, Saint-Vincent et Trèves (cfr. Figure 1).