Ce#e étude vise à tester l’effet des données néga*ves directes (DND) fournies aux enfants sous forme de : (1) Correc>on, (2) Ques>on de clarifica>on et (3) Répé>>on sur leurs produc>ons non‐cibles de formes verbales (surgénéralisa>ons ou SR) en Russe, et les comparer avec la condi>on contrôle (4) Sans rétroac>on. DND = la rétroac*on néga*ve (RN), c.‐à‐d. une réac>on à la produc>on erronée de l’enfant qui con>ent de l’informa>on (explicite ou implicite) sur l’agramma>calité de l’énoncé enfan>n. Deux points de vues sur le rôle des données néga>ves directes: a) Na*vistes : les enfants n’ont pas accès aux DND et ne s’en servent pas pour se corriger (la RN même si présente dans l’input n’a pas d’effet sur la gramma>calité) (McNeil 1966, Marcus 1993, Pinker 1989 ). b) Empiristes : les enfants ont accès aux DND et s’en servent afin de corriger leurs produc>ons non‐cibles (Chouinard et Clark 2003, Saxton 2000, Saxton et al. 1998, 2005 ). DISCUSSION Les données néga*ves directes : ont‐elles un effet sur l’acquisi*on? Elena Kulinich 1,2 , Phaedra Royle 1,2 , Daniel Valois 1,2,3 1 Université de Montréal, 2 Centre for Research on Brain, Language and Music (CRBLM), 3 Ins*tut des Sciences Cogni*ves (ISC, UQAM) Bibliographie Ceytlin, S.N. (2009). Ocherki po slovoobrazovaniju i formoobrazovaniju v detskoj rechi. Moskva: Znak. Chouinard, M.M. & Clark, E.V. (2003). Adult reformula>ons of child errors as nega>ve evidence. Journal of Child Language, 30, 637‐669. Marcus, G.F. (1993). Nega>ve evidence in language acquisi>on. Cogni?on, 46, 53‐85. McNeil, D. (1966). Developmental psycholinguis>cs. In F. Smith. & G. Miller (eds.), The genesis of language. Cambridge: MIT Press, 15‐84. Pinker S. (1989). Learnability and cogni?on: the acquisi?on of argument structure. Cambridge, MA : MIT Press. Saxton, M. (2000). Nega>ve evidence and nega>ve feedback: immediate effects on the gramma>cality of child speech. First Language, 20, 221‐252. Saxton, M., Kulcsar, B., Marshall, G. & Rupra, M. (1998). Longer‐term effects of correc>ve input : an experimental approach. Journal of Child Language, 25, 701‐721. Saxton, M., Backley, P. & Gallaway, C. (2005). Nega>ve input for gramma>cal errors: effects aker a lag of 12 weeks. Journal of Child Language, 32, 643‐72. Par%cipants : 65 enfants monolingues russes âgés de 3 à 4 ans divisés en groupes selon le type de rétroac>on: Correc>on (n= 19), Ques>on de clarifica>on (n= 12), Répé>>on (n= 17), Sans rétroac>on (n= 17) S%muli : 12 verbes russes à surrégularisa>on (SR) en yod* Ou%l: tâche d’induc>on Procédure : 4 sessions (5‐10 min.) avec intervalle de 2 semaines entre les sessions 1, 2, 3, et de 4 semaines entre les sessions 3 et 4 *SR en yod /j/ est un processus d’applica>on du « modèle en yod » (Ceytlin 2009) de la classe la plus produc>ve en russe aux verbes sous‐réguliers. Par exemple : Classe 1: verbes avec suffixa>on –ova‐/‐u ris‐ova‐t’ ‘dessiner’ ‐> ris‐uj‐u SR : *risova‐j‐u Classe 2: verbes avec alternance consonan>que plaka‐t’ ‘pleurer’ ‐> plach‐u SR : *plaka‐j‐u INTRODUCTION Exemple de Correc*on Adulte : Chto delaet etot mal’chik? Que fait ce garçon?’ Enfant : On risovaet. Il dessine’. Adulte : Ne risovaet,a risuet. Nado govoritj risuet. ‘Pas *dessine, mais dessine. Il faut dire dessine’. Journée montréalaise des sciences cogni?ves, 9 décembre 2015, ISC, UQAM, Montréal Les résultats montrent qu’avec le temps les enfants corrigent leur erreurs de surgénéralisa>on de formes verbales : ce#e améliora>on a été observée dans tous les groupes de par>cipants Cependant, l’améliora>on semble ne pas être liée à la présence des données néga*ves directes (soit explicites ou implicites) : la correc>on des erreurs se fait sans aide de la rétroac>on néga>ve Les résultats suggèrent que les données posi*ves seraient suffisantes pour éliminer des erreurs de surgénéralisa*on sur les verbes chez les jeunes enfants russophones Figure 2. Moyenne de produc>ons cibles selon le type de rétroac>on (N= 65). Figure 3. Moyenne de produc>ons cibles selon le temps (N= 65). Figure 4. Moyenne de produc>ons cibles selon le temps et le type de rétroac>on (N= 65). Le type de rétroac*on a un effet significa>f sur les résultats : F(3, 2648) = 3,65, p = 0,012. Cependant ce facteur n’explique qu’une pe*te propor*on de données, R 2 = 0,0041. La correc*on est la condi>on la plus faible. Les meilleurs résultats sont pour la condi>on sans rétroac*on. Le facteur temps prédit des changements significa>fs en produc>on de formes cibles pour chaque rencontre (T1 < T2 < T3 <T4) : F (3, 2648) = 11,84, p < 0,001, mais explique peu la variance : R 2 = 0,013. Figure 1. Le verbe risovatj ‘dessiner’. MÉTHODES RÉSULTATS 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% Correc>on Répé>>on Ques>on Sans rétroac>on Temps 1 Temps 2 Temps 3 Temps 4 Ce?e étude a été financée par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada et a été réalisée en collabora%on avec l’Ins%tut de recherche moderne en linguis%que (hXp://mggu‐sh.ru/imlr) à Moscou Estimation ET t p Intercept (Temps 1) Temps 2 Temps 3 Temps 4 Intercept (Correction) Répétition Question Sans rétroaction 0,66 0,05 0,10 0,14 0,70 0,01 0,06 0,06 0,055 0,022 0,022 0,023 0,06 0,02 0,02 0,02 11,84 2,36 4,63 6,10 12,74 0,47 2,39 3,1 < ,001 0,0183 < ,001 < ,001 < ,001 0,64 0,02 0,002 Tableau 1. Le résumé des résultats d’analyses des modèles mixtes Temps*Item et Rétroac?on*Item (Nombre d’observa?on = 2651) *Le facteur item s’est révélé un meilleur prédicteur que participant.