Médecine et maladies infectieuses 38 (2008) 574–585
Article original
Analyse des motivations à la vaccination antigrippale
du personnel du CHU de Clermont-Ferrand
Analysis of motivations for antiflu vaccination of the
Clermont-Ferrand University Hospital staff
C. Kelly
a,b
, F. Dutheil
a,b
, P. Haniez
b
, G. Boudet
b
, K. Rouffiac
a
,
O. Traore
c
, A. Chamoux
a,b,∗,c
a
Service santé-travail-environnement, CHU de Clermont-Ferrand, 63001 Clermont-Ferrand, France
b
UFR de médecine, faculté de médecine, université Clermont-1, institut de médecine du travail,
28, place Henri-Dunant, 63001 Clermont-Ferrand, France
c
Comité de lutte contre les infections nosocomiales, CHU de Clermont-Ferrand, 63000 Clermont-Ferrand, France
Rec ¸u le 22 mars 2008 ; accepté le 17 septembre 2008
Disponible sur Internet le 26 octobre 2008
Résumé
Objectifs. – L’objectif principal de notre étude était de déterminer les motivations pour ou contre la vaccination antigrippale du personnel du
CHU de Clermont-Ferrand afin d’augmenter l’efficacité des campagnes de prévention.
Patients et méthodes. – Un autoquestionnaire à choix multiples a été délivré aux 7601 salariés du CHU en mai 2005. Il recueillait les caractéristiques
socioprofessionnelles de la personne, son statut vaccinal et ses motifs de vaccination, de non-vaccination ou d’abandon de la vaccination antigrippale.
Résultats. – Le taux de réponse a été de 26,5 % avec 2011 autoquestionnaires retournés représentatifs de la population du CHU. Le taux de
vaccination en 2004 a été de 36,35 %, avec un lien fort entre vaccination et infection grippale antérieure (p < 0,001). Cinq des six principaux motifs
de vaccination étaient altruistes dont les deux premiers : éviter la transmission aux patients (61,8 %) et à sa famille (59,8 %). Le motif d’abandon
majeur était le manque de temps. Les motifs de non-vaccination étaient la conviction de ne pas faire partie des sujets à risque, ou être trop jeune
ou en bonne santé.
Conclusions. – L’objectif de couverture vaccinale de 75% des professionnels, souhaité par la HAS, nécessite une adhésion active des salariés.
L’efficacité des futures campagnes pourrait viser à améliorer les connaissances, en insistant sur le jeune âge des populations touchées par le virus.
Le manque de temps invoqué peut être pallié en poursuivant les vaccinations sur site, la nuit et avec des plages horaires plus larges.
© 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Abstract
Objective. – The vaccination of hospital staff decreases patient mortality and disorganization of services due to sick leave. The main aim of our
study was to determine the Clermont-Ferrand University hospital (CHU) personnel’s motivations for or against antiflu vaccination to increase the
effectiveness of prevention campaigns.
Design. – An autoquestionnaire with multiple choices was given to the 7601 CHU staff in May 2005. It documented socioprofessional
characteristics, vaccinal status, and reasons for vaccination, nonvaccination, or stopping antiflu vaccination.
Results. – The answer rate was 26.5% (2011 autoquestionnaires returned) and representative of the CHU staff. The rate of vaccination in 2004 was
36.35% with a strong correlation between vaccination and former influenza infection (p < 0.001). Five of the six principal reasons for vaccination
were altruistic including the first two: avoiding transmission to patients (61.8%) and his family (59.8%). The main reason for stopping was the
lack of time. The reasons for nonvaccination were linked to a feeling of invulnerability: conviction of not being at risk, of being too young, or in
good health.
∗
Auteur correspondant.
Adresse e-mail : alain.chamoux@u-clermont1.fr (A. Chamoux).
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doi:10.1016/j.medmal.2008.09.018