Congrès national des Observatoires régionaux de la santé 2008 - Les inégalités de santé Marseille, 16-17 octobre 2008 F1 - Association entre réseau social et santé perçue : un impact qui varie en fonction du niveau de revenu ? Z. Heritage a,b , O. Grimaud a , A. Jourdain a & R.-G. Wilkinson b a Ecole des hautes études en santé publique, Rennes, France ; b Department of Epidemiology and Public Health, Université de Nottingham, Royaume-Uni Introduction. Les variations du niveau de santé en fonction du statut socioéconomique sont désormais bien établies. Parallèlement, une association a été démontrée entre la santé et le réseau social (ex : les relations familiales et amicales). Par contre, peu d’études ont examiné la variation de l’impact du réseau social sur la santé en fonction du gradient socioéconomique. L’existence d’une telle variation est l’hypothèse de notre étude dans laquelle le revenu est utilisé comme marqueur socioéconomique. Matériels et méthode. Les données utilisées proviennent de l’enquête permanente sur les conditions de vie, une enquête transversale conduite en 1997 en France auprès d’un échantillon représentatif de 5 046 adultes. Les informations recueillies concernaient, entre autres, la santé perçue et le niveau de revenu. Les variables explorant le réseau social des répondants étaient : « avoir eu une conversation téléphonique personnelle au cours des huit jours précédents », « avoir des amis », « se sentir seul hier », «être membre d’une association » et « avoir un conjoint». Des modèles de régression logistique ont permis de calculer les odds ratios (OR) estimant l’association entre ces cinq variables et la santé perçue (dichotomisée) en ajustant sur l’âge et le sexe. Nous avons ensuite examiné cette association au sein de trois strates de niveau de revenu à effectifs comparables. Résultats. Le niveau de santé perçue et l’isolement social diminuent significativement avec le niveau de revenu. A l’exception de la présence d’un conjoint, toutes les variables de lien social sont très significativement associées au niveau de santé perçue. Par exemple, « ne pas avoir eu une conversation téléphonique» augmente la probabilité de déclarer un mauvais état de santé (OR= 1,92 ; IC95%= [1,60-2,32]). L’analyse stratifiée montre la croissance des odds ratios à mesure que le niveau de revenu diminue. Par exemple, il n’y a pas d’association entre « ne pas avoir d’amis » et une mauvaise santé déclarée dans la tranche des individus à revenus élevés (OR=0,97, ns), alors qu’elle est décelable dans la tranche des revenus moyens (OR=1,38 ; IC95%=[1,00-1,92]) et plus marquée dans celle des revenus faibles (OR=2,17 ; IC95%=[1,61- 2,94]). Des gradients similaires sont observés pour les quatre autres variables. Discussion et conclusion. Nos résultats confirment que le niveau de santé perçue est moins élevé chez les individus à faibles revenus, ainsi que chez ceux déclarant peu de liens sociaux. Avec les limites propres à une enquête transversale, notre étude suggère que les liens sociaux sont des déterminants de la santé perçue plus importants pour les personnes à faibles revenus que pour celles disposant de revenus moyens ou élevés. Mots-clés : Inégalités Sociales, Réseau Social, Liens Sociaux, Relations Sociales, Santé Perçue Keywords: Health Inequalities, Social Network, Social ties, Relationships, Self-Rated Heath