Bulletin suisse de linguistique appliquée © 2014 Centre de linguistique appliquée No 100, 2014, 147-152  ISSN 1023-2044 Université de Neuchâtel Analyser des discours de l’intérêt citoyen: mises plurilingues et pluriculturelles et enjeux de recherche Marcel BURGER Université de Lausanne Centre de linguistique et des sciences du langage Anthropole, 1015 Lausanne, Suisse marcel.burger@unil.ch Préliminaire A la demande des éditeurs, trois textes publiés récemment dans le Bulletin font ici l’objet de l’attention. Plutôt que d’en détailler les spécificités, on en propose d’emblée une vue d’ensemble de ce qui les unit au plan des objets, de la méthode et d’une ʺmanière de voirʺ épistémologique. Vu la contrainte de brièveté de cette contribution, l’accent est mis sur les dimensions qui rendent possible la comparaison et une mise en perspective des trois textes avec l’actualité et le devenir du champ et des domaines de la linguistique appliquée. De fait, on verra que les trois textes analysent des discours de l’intérêt citoyen dans un espace social plurilingue et pluriculturel (§1) selon des modalités théoriques et méthodologiques similaires ou compatibles (§2). Tous aussi soulignent des enjeux de l’analyse qui permettent de faire le lien avec les positions les plus actuelles du champ de la linguistique appliquée (§3). Prenons ces points dans l’ordre en commençant par expliciter le titre de notre contribution. 1. Des discours de l’intérêt citoyen Même si elle est d’un abord peu convaincant, nous proposons l’étiquette de ʺdiscours de l’intérêt citoyenʺ pour caractériser une dimension commune de l’objet des textes chroniqués. De tels discours témoignent de trois traits par quoi ils relèvent de la catégorie de la communication publique (voir Burger 2014): leur source énonciative est institutionnelle 1 , leur mode de communication est celui d’une accessibilité au plus grand nombre 2 et leur 1 C’est une instance collective émanant du discours et rattachée à l’appareil d’Etat et l’exercice de l’autorité: par exemple, le gouvernement, un ministère ou un service comme les médias, la santé, la sécurité, l’éducation etc. publics (voir Krieg-Planque 2012). 2 Des discours publics, c’est-à-dire vus et lus de tous (au sens de la phénoménologie politique de Hannah Arendt).