SONORI TÉS N°6 - écologie sonore et technologies 1 ECOLOGI E DU SI LENCE José Augusto Mannis e Janete El Haouli « Il y a un grand silence toujours à l’écoute... Et l’on se met sans cesse à dire des choses, ce qui nous vient à l’esprit, quoi que ce soit, de la doute la plus banale pour savoir s’il va pleuvoir ou non aujourd’hui jusqu'à la question la plus métaphysique, Hamlet! Et, pour toujours, tandis que l’on parle, parle, parle le silence écoute... et se tait » ( Le Silence, Mario Quintana) « Le son est toujours l’élément clé de ce pôle fondamental de la musique, sans lequel l'expérience artistique n'est pas possible: le silence » 1 Cet énoncé nous invite à réfléchir sur les possibles relations son-silence dans les domaines de l'art, de l’acoustique et de l’environnement. Les auditeurs-auteurs de ce texte se trouvent immergés dans le murmure urbain, dans un pays hautement sonore, où même des lieux sophistiqués peuvent manquer d’insonorisation, car la conscience du confort acoustique est encore à ces débuts. Tel est le contexte de notre écoute. « Quand l’homme, dans son histoire, perçut le silence en tant que signification, créa le langage pour lui en retenir. » ( As formas do silêncio, Eni Punccineli Orlandi) 2 Le silence peut être porteur de modestie, du respect, d’une douleur, de connivence, de complicité, d’accusation, d’une confession, d’un consentement, d’un refus, d'une omission, de censure, de condamnation 3 et parfois peut même devenir un cri. On comprend pourquoi Clemenceau a dit que le silence est plus difficile à manier que les mots. Le silence et le vide ont comme propriété le fait de pouvoir absorber toute les significations qui lui sont appliquées par le récepteur. Diverses possibilités, fantasmes et doutes se soulèvent après une question non répondue. Le silence est capable non seulement de modifier sa signification face à différentes situations, comme aussi d’avoir simultanément plusieurs significations. 1 KOELLREUTTER, Hans-Joachin : À procura de um mundo sem « vis-à-vis » : reflexões estéticas em torno das artes oriental e ocidental. São Paulo: Ed. Novas Metas, 1984 (p. 17). 2 ORLANDI, E. P. As formas do silêncio : no movimento dos sentidos. Campinas: Ed. Unicamp, 1995. 3 DINOUART, Abbé. L’art de se taire. (1771) Jêrôme Millon : Paris, 2000. 94 p. (Petite collection atopia)