1 L’école du terrain ou l’interdisciplinarité de chantier : un hybride en cours de construction David SEBAG 1 Docteur à l’Université de Rouen UMR M2C (Université de Rouen) – Laboratoire HSM (IRD, Montpellier) david.sebag@univ‐rouen.fr Xavier ARNAULD de SARTRE UMR SET (Université de Pau et des Pays de l'Adour) xavier.arnauld@univ-pau.fr Gérald ORANGE Membre du bureau de la Cidegef Professeur de Sciences de gestion – Nimec‐Université de Rouen gerald.orange@wanadoo.fr Robert LE DUFF Secrétaire général de la Cidegef Professeur émérite en Sciences de gestion – Nimec‐Université de Caen robert.leduff@unicaen.fr Dans les multiples débats qui ont accompagné la mise en place, puis l’institutionnalisation du Développement Durable, un consensus s’est dégagé, au sein de la communauté scientifique, pour reconnaître que cette notion impliquait de profondes transformations dans la manière de pratiquer les sciences (Jollivet, 2001 ; Kates et al., 2001) et de les transmettre, que ce soit auprès des étudiants (Bader et Sauvé, 2012) ou de la société civile (Berdoulay et Soubeyran, 2000). Cela s’explique par les transformations profondes des sociétés par les pratiques scientifiques qui accompagnent les actions relevant du développement durable, par les objectifs de conservation des milieux et par la gestion des crises globales (Buttel, 2000). Cinq enjeux, au moins, se dégagent de la prise en compte du développement durable : - Le premier porte sur les objets : le développement durable implique de repositionner les concepts sur lesquels la communauté scientifique travaille, tant pour étudier des hybrides nature / culture que pour rendre conscient de leur caractère hybride – et de tirer les conséquences que ce caractère impose à la recherche (Latour, 1994 ; Forsyth, 2003) ; - Le second enjeu est scientifique : il nécessite la mise au point de paradigmes pluri‐, voire inter‐, disciplinaires qui modifient profondément les pratiques scientifiques ; - Le troisième est dans l’interaction entre scientifiques et gestionnaires ‐ ou décisionnaires ‐, dans le sens où l’action publique et les objets scientifiques doivent être co‐construits ; - Le quatrième enjeu (il y en a un 5 ème ), renvoie à des questionnements sur le rôle de l’éducation et de la formation : la modernisation écologique implique en effet la formation d’une éco‐citoyenneté dont la mise en œuvre passe par une réforme des modes de formation (Bader et Sauvé, 2012) ; 1 Université de Rouen ‐ Département de Géologie ‐ 76821 Mont Saint Aignan Cedex, France ‐ 33(0) 232 769 445, en accueil au Laboratoire HydroSciences Montpellier, IRD.