Cahiers de la sécurité et de la justice – n°30 DOSSIER I 71 a radicalisation n’est pas un phénomène nouveau, mais les programmes de déradicalisation constituent l’une des modalités récentes de son traitement. Elle concerne essentiellement la radicalisation à caractère religieux de type islamiste. En effet, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, plusieurs programmes de déradicalisation ont vu le jour dans plusieurs pays, d’abord musulmans puis occidentaux, visant à offrir des solutions innovantes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ces programmes s’inscrivent dans une évolution conceptuelle et pratique imposée par l’évolution d’un phénomène lui-même fortement évolutif et par les limites des stratégies militaires ou sécuritaires, éradicatrices ou répressives, mises en œuvre jusque-là pour le contrer. Aussi, les programmes de déradicalisation se présentent comme un complément, et non pas comme un substitut, aux stratégies existantes. Ils sont parfois conçus comme une partie intégrante des politiques judiciaires et sécuritaires en vigueur dans les pays concernés. Dans les pages qui suivent, nous allons présenter les principales conceptions et mises en œuvre observables depuis plus d’une décennie en matière de déradicalisation. Mise au point terminologique Le terme « déradicalisation » est d’usage relativement récent. Il est forgé en ajoutant le préixe « dé- » au mot « radical » pour l Mathieu GUIDèRE Agrégé, professeur des Universités, chaire d’islamologie et géopolitique, université de Toulouse 2-Jean Jaurès. la déradicalisation : conceptions et mises en œuvre mathieu guIdère © Krasimira nevenova - Fotolia.com