Imagerie des neuropathies de l’épaule
Shoulder neuropathies’s imaging
Thomas Ludig
a,
*
, Denis Chapuis
b
, Alain Blum
c
a
Centre d’imagerie médicale, 142, route de Mittelhausbergen, 67200 Strasbourg, France
b
Centre THIONIS, 14, allée de la Terrasse, 57100 Thionville, France
c
Service d’imagerie Guilloz, hôpital Central, 29, avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, 54035 Nancy cedex, France
Reçu le 1
er
octobre 2006 ; accepté le 16 février 2007
Disponible sur internet le 01 mars 2007
Mots clés : Épaule ; Neuropathies ; Nerf suprascapulaire ; Nerf axillaire ; Nerf thoracique long ; Nerf spinal accessoire ; IRM
Keywords: Shoulder; Nerve entrapment; Suprascapular nerve; Axillary nerve; Long thoracic nerve; Spinal accesory nerve; MRI
Les traumatismes itératifs de certains gestes, professionnels
ou sportifs, combinés à la présence d’éléments anatomiques
prédisposant sont parfois la cause de lésions nerveuses.
Celles-ci sont rares, probablement sous-estimées (0,4 à 2 %
des douleurs de l’épaule) et de diagnostic difficile [1].
L’analyse des neuropathies suprascapulaires nous servira de
base à la description des autres atteintes nerveuses, la sémiolo-
gie en imagerie étant monomorphe et reproductible.
1. Neuropathies suprascapulaires
1.1. Anatomie d’un trajet à risque : incisure scapulaire
et défilé spinoglénoïdal
Le nerf suprascapulaire, branche collatérale du tronc supé-
rieur du plexus brachial, est un nerf mixte, essentiellement
moteur. Il émerge des racines C5 et C6 (avec parfois une
contribution de C4), passe en arrière du muscle omohyoïdien
et en avant du muscle trapèze. Il franchit l’incisure scapulaire,
dont la forme est variable selon la classification établie par
Rengachary, sachant que les types morphologiques les plus
« agressifs » pour le nerf sont heureusement les moins fré-
quents (Fig. 1) [2–4]. Le nerf passe sous le ligament transverse
scapulaire supérieur, qui ferme cette incisure, et rejoint la fosse
supra-épineuse. Le risque compressif est ainsi lié à la forme de
l’incisure et à la présence ou non du ligament transverse sca-
pulaire supérieur. Lors de certains mouvements du moignon de
l’épaule, ce ligament agit par effet de cisaillement sur le nerf
suprascapulaire (Fig. S1 ; voir le matériel complémentaire
accompagnant la version en ligne de cet article). Les variations
anatomiques ligamentaires sont nombreuses ; la classification
de Bayramoglu en distingue quatre types [5] :
● le type 1 (plus de 50 %) correspond à un ligament unique
plus ou moins étalé et épais ;
● le type 2 correspond à l’association avec le ligament cora-
coscapulaire antérieur ;
● le type 3 à un ligament bifide (15 %) ;
● le type 4 à un ligament ossifié (10 %) [6].
Le nerf donne deux branches motrices au muscle supra-
épineux et passe le défilé spinoglénoïdal pour innerver
l’infra-épineux (Fig. 2). Après s’être appuyé sur la base du
processus coracoïde, le nerf franchit le défilé spinoglénoïdal
délimité par la face postérieure du col de la scapula, le bord
externe de l’épine et le ligament transverse scapulaire inférieur.
La présence de ce ligament est variable, retrouvé à 87 % chez
l’homme et seulement à 50 % chez la femme. La nature de ce
ligament est discutée comme celle de son homologue
sus-jacent : simple renforcement aponévrotique, septum voire
véritable ligament [7]. Le nerf, avant de s’arboriser en un bou-
http://france.elsevier.com/direct/REVRHU/
Revue du Rhumatisme 74 (2007) 344–352
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Auteur correspondant.
Adresse e-mail : thomas.ludig@wanadoo.fr (T. Ludig).
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doi:10.1016/j.rhum.2007.02.018