Mini-revue L’athérosclérose : une maladie inflammatoire Hafid Ait-Oufella, Alain Tedgui, Ziad Mallat Centre de Recherche Cardiovasculaire Inserm Lariboisière (Unité 689), Paris, 41, boulevard de la Chapelle, 75475 Paris cedex10 <mallat@larib.inserm.fr> L’athérosclérose est une maladie inflammatoire chronique des gros vaisseaux. Le processus de formation de la plaque fait intervenir plusieurs acteurs pathogènes de l’inflammation, en particulier les monocytes/macrophages, les lymphocytes T CD4 + de type Th1 et potentiellement de type Th2. Récemment nous avons identifié un rôle majeur pour une nouvelle sous-population de lymphocytes T CD4 + , appelés T régulateurs (Tregs), dans la protection contre le développement de l’athérosclérose. Plusieurs études expérimentales ont montré que l’expansion in vivo de ces Tregs était associée à une diminution du développement et/ou de la progression des plaques d’athérosclérose chez la souris, ouvrant le champ vers de nouvelles thérapeutiques immunomo- dulatrices des maladies cardiovasculaires. Mots clés : athérosclérose, lymphocyte T CD4 + , type Th1, T régulateur L es maladies cardiovasculaires sont aujourd’hui un véritable pro- blème de santé publique puisqu’elles constituent une des premières causes de mortalité dans le monde. Selon l’OMS, 7,2 millions de décès par an dans le monde sont liés à des cardiopathies ischémiques et 4,6 millions de décès à des accidents vasculaires cérébraux. L’athérosclérose est la principale étiologie des maladies cardiovasculaires. Elle provoque des pathologies chroniques comme l’angor d’effort ou la claudication à la marche et des maladies aiguës plus bruyantes et potentiellement mortelles comme l’infarc- tus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral. Les travaux épidémiologiques et anatomopathologiques réalisés chez l’homme, associés aux études in vitro, à partir de cellules humaines, ont apporté la preuve que l’athérosclérose est une maladie inflammatoire chronique des artères de gros et moyen calibre. Les modèles expérimentaux animaux, essentiellement murins, ont été très utiles et complémentaires pour disséquer les mécanismes physiopathologiques qui aboutissent à la formation de la plaque d’athérosclé- rose [1]. Ainsi, grâce à ces différents outils, il a été montré que la formation de la plaque d’athérosclérose comportait plusieurs étapes : l’activation de l’endothé- lium artériel par les LDL oxydés, l’attraction puis la diapédèse des monocytes et des lymphocytes T circulants dans l’intima, la production de cytokines pro- et anti-inflammatoires, la production de protéases matricielles et enfin l’induction d’apoptose des différents types cellulaires aboutissant à la formation d’un noyau lipidique nécrotique. Tirés à part : Z. Mallat Sang Thrombose Vaisseaux 2008 ; 20, n° 1 : 25-33 STV, vol. 20, n° 1, janvier 2008 25 doi: 10.1684/stv.2008.0228