J Radiol 2005;86:461-7 © Éditions Françaises de Radiologie, Paris, 2005 mise au point génito-urinaire Valeurs diagnostiques de l’échographie et de l’IRM pour l’évaluation de l’endométriose pelvienne profonde M Bazot (1), J Nassar (1), E Daraï (2), I Thomassin (1), A Cortez (3), JN Buy (4), S Uzan (2) et C Marsault (1) ’endométriose est définie par la pré- sence de glandes endométriales ec- topiques et de stroma en dehors de l’utérus (1). Deux principaux concepts étiopathogéniques ont été proposés : la théorie de la métaplasie (2) et la théorie de la transplantation (3). L’endométriose pelvienne peut atteindre le péritoine, les ovaires ainsi que tous les organes pelviens. L’endométriose pelvienne profonde, qui est souvent associée à des lésions périto- néales et ovariennes, peut atteindre les ligaments utéro-sacrés, le cul de sac de Douglas, le vagin, le rectum et parfois l’espace vésico-utérin (4). Elle est responsa- ble de douleurs pelviennes, dysménorrhée, dyspareunie, dyschézie, ou de symptômes urinaires et peut être associée à une infer- tilité. L’examen clinique de routine est ce- pendant insuffisant pour le diagnostic et l’évaluation de l’extension de l’endomé- triose pelvienne profonde (5). L’endométriose pelvienne peut être éva- luée par différentes techniques d’imagerie comprenant l’échographie endovaginale, l’échographie transrectale, l’échoendos- copie rectale et l’IRM. L’échographie endovaginale est la technique de premiè- re intention, du fait de son accessibilité et de sa précision diagnostique. Jusqu’alors, l’échographie endovaginale était surtout recommandée pour le diagnostic de l’en- dométriose ovarienne (6, 7) et vésicale (8). Par contre, peu de données existent dans la littérature sur la valeur de l’échogra- phie endovaginale dans l’évaluation de l’endométriose pelvienne profonde (9, 10). Depuis le premier article de Ohba et coll (11), peu d’études ont confirmé l’uti- lité de l’échographie endorectale dans le diagnostic de l’endométriose pelvienne profonde (12). L’échoendoscopie rectale a supplantée l’échographie rectale en particulier du fait d’une étude beaucoup plus extensive du rectosigmoïde. Cette technique est recommandée pour identi- fier l’atteinte des ligaments utéro-sacrés et/ou rectovaginale (9-13). Une associa- tion échoendoscopie rectale et IRM est proposée par plusieurs auteurs pour éva- luer l’endométriose pelvienne postérieure (14-16). En effet, l’IRM s’est récemment imposée comme la meilleure technique pour le diagnostic et l’évaluation de l’ex- tension de l’endométriose pelvienne (10- 17). Une connaissance adéquate des signes radiologiques de l’endométriose est toute- fois requise pour identifier une atteinte en- dométriosique profonde. Techniques d’exploration et sémiologie L’échographie endovaginale L’échographie endovaginale est réalisée avec une sonde à large fréquence de 5 à 9 MHz. L’examen par Doppler couleur utilise une PRF de 1000 à 1500 Hz, un fil- tre de paroi de 50 Hz, et un réglage cou- leur haute priorité. Chaque examen doit être interprété en temps réel. Le trans- ducteur est d’abord posé dans le cul de sac vaginal postérieur et puis lentement retiré du vagin pour visualiser l’espace sous pé- ritonéal postérieur, le torus uterinus (éga- lement appelé le ligament de JL Petit, anatomiquement défini par la présence d’un petit épaississement transversal re- liant l’origine de l’insertion des ligaments utéro-sacrés à la paroi postérieure de l’utérus), les ligaments utéro-sacrés et le cul de sac vaginal postérieur. La paroi di- gestive et le septum rectovaginal sont exa- minés en déplaçant la sonde vers le haut et vers le bas à plusieurs reprises à partir du canal anal jusqu’au cul de sac postérieur du vagin. La rotation de la sonde est es- sentielle pour détecter l’atteinte endomé- triosique postérieure. La sonde est ensuite positionnée dans le cul de sac antérieur du vagin pour examiner le septum vésico- utérin et la vessie. Abstract Résumé Value of sonography and MR imaging for the evaluation of deep pelvic endometriosis J Radiol 2005;86:461-7 Deep pelvic endometriosis may involve the uterosacral ligaments, cul- de-sac of Douglas, vagina, rectum, and occasionally the bladder. Evaluation by physical examination is difficult, and imaging techniques are needed to evaluate the location and extent of endometriosis. In this review, we review the transvaginal and transrectal sonographic and MR imaging features suggestive of deep pelvic endometriosis and their diagnostic value. L’endométriose pelvienne profonde peut atteindre les ligaments utéro-sacrés, le cul de sac de Douglas, le vagin, le rectum et parfois la vessie. L’évaluation de la pathologie par l’examen clinique est difficile, l’imagerie est donc nécessaire pour déterminer les localisa- tions et l’extension de l’endométriose. Nous réexaminons dans cette revue les signes de l’endométriose pelvienne profonde en échographie endovaginale, en échoendoscopie rectale et en IRM, ainsi que leur performance diagnostique. Key words: Endometriosis. Ultrasound (US), transvaginal. Ultrasound (US), transrectal. Magnetic resonance (MR). Mots-clés : Endométriose. échographie endovaginale. échoendoscopie rectale. IRM. L (1) Services de Radiologie, (2) Gynécologie-Obstétrique et (3) Anatomo-pathologie, Hôpital Tenon, 4 rue de la Chi- ne, 75020 Paris. (4) Service de Radiologie, Hôtel Dieu de Paris, 1 Place du Parvis Notre Dame, 75004 Paris. Correspondance : M Bazot E-mail : marc.bazot@tnn.aphp.fr