Reconigurat ion des pratiques participatives Le cas de « Carticipe » Nicolas Douay, Maryvonne Prévot IntroductIon Contexte et objet de recherche Community Land Use Game (CLUG), ALEA, APEX, Policy negociation, Starpower, Super Builder, Easy Builder ou plus récemment les jeux SimCity ou FarmVille n’ont cessé de gagner en importance, empruntant au Monopoly et aux jeux de rôle. Ces jeux étaient et sont toujours considérés comme étant de nature à comprendre « la boîte noire » de la production urbaine et mettent aujourd’hui en scène un urbanisme placé sous l’inluence des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Au-delà du fantasme d’une nouvelle rationalité numérique pour l’aménagement, les NTIC transforment moins le contenu de l’urbanisme que les processus en décuplant les moyens de communication [Wachter, 2011]. En matière d’urbanisme, le Web 2.0 permet d’envisager de nouvelles formes de participation grâce à différentes innovations technologiques [Douay, 2011 ; Bailleul, 2008 ; Bailleul et Gibon, 2013] : forums de discussion, applications sur smart-phone, réseaux sociaux, sites collaboratifs sous la forme de wiki, etc. Le Web collaboratif, open source ou encore 2.0, ferait de ce fait évoluer la nature des formes d’engagement et de négociation dans la production urbaine par l’intermédiaire d’un partage et d’une mise en commun d’informations et surtout d’une mise en relation des citoyens sous des formes moins hiérarchiques et plus collaboratives. La participation a ainsi pu être identifiée comme un pilier de la « culture numérique » [Jenkins, 2006 ; Deuze, 2006 ; Monnoyer-Smith, 2011] ou, plus exactement, comme la condition sine qua non de l’émergence d’une telle culture [Badouard, 2014]. Croisant participation numérique aux projets d’aménagement et cartographie, la nouvelle fabrique cartographique de la ville prend forme dans des agences de type varié pour recueillir les avis, les idées et les réactions d’individus à propos de projets d’aménagement ; des individus qui s’en saisissent à leur tour pour contribuer à proposer un contenu localisé sur des thèmes variables et triviaux [Joliveau, 2010]. Bien souvent, l’interface va prendre la forme d’une visualisation [IAU îdF, 2013] ou, plus précisément, d’une carte participative [Palsky, 2013] qui