426 Société de Neurochirurgie de Langue Franc ¸ aise. Réunion annuelle de Paris (26–28 novembre 2012) / Neurochirurgie 58 (2012) 409–450 Oral-Ra1 Métastases rachidiennes intra-durales extra-médullaires (MERIDEM) de cancers d’origine non neurologique : une entité à part entière ou une forme particulière de méningite carcinomateuse ? Une étude cas-témoins S. Knafo , J. Pallud , E. Le Rhun , E. Emery , F. Parker , G. Iakovlev , D. Laguerre , F.-X. Roux Service de neurochirurgie, centre hospitalier Sainte-Anne, Paris, France Introduction.– Les métastases leptoméningées de carcinomes représentent une entité mal définie. L’objectif de cette étude était de préciser la prise en charge diagnostique et thérapeutique des métastases rachidiennes intra-durales extra-médullaires (MERI- DEM) de cancers d’origine non neurologique, en particulier au regard des méningites carcinomateuses. Matériel et méthode.– Nous avons mené une étude cas-témoins rétrospective et multicentrique portant sur 11 cas de MERIDEM appariés avec 11 cas de méningite carcinomateuse. Le recueil des cas se faisait au moyen d’un formulaire disponible en ligne ; celui des témoins au moyen d’une base de données préétablie. Résultats.– L’analyse des critères diagnostiques montrait une dif- férence significative entre le groupe MERIDEM et le groupe méningite carcinomateuse sur : l’âge moyen (61,4 contre 58,1 ans, p = 0,03), l’existence d’un déficit neurologique (45,5 % contre 90,1 %, p = 0,06), la présence de cellules carcinomateuses dans le LCR (0 % contre 54,5 %, p = 0,03). Ces résultats n’étaient pas significa- tifs en analyse multivariée. La survie médiane dans le groupe MERIDEM était de 548 jours contre 53 jours dans le groupe méningite carcinomateuse (p = 0,002). L’analyse multivariée mon- trait le rôle péjoratif de l’existence d’un déficit neurologique (HR = 11,2, IC95 = [1,23 ; 102], p = 0,03), au contraire de celui d’une amélioration fonctionnelle au décours du traitement (HR = 0,12, IC95 = [0,02 ; 0,76], p = 0,02). Des critères diagnostiques ainsi qu’un algorithme pour la prise en charge de ces MERIDEM sont proposés. Conclusions.– Cette étude met en évidence une nette différence pro- nostique entre les MERIDEM et les méningites carcinomateuses, suggérant ainsi qu’il s’agit bien de deux formes évolutives dis- tinctes de la maladie métastatique. Distinguer ces MERIDEM des méningites carcinomateuses revêt aussi une utilité en pratique clinique dans la mesure où un traitement focal (chirurgie puis radiothérapie) permet une amélioration fonctionnelle et une survie prolongée. http://dx.doi.org/10.1016/j.neuchi.2012.10.055 Oral-Ra2 Établissement de recommandations pour le traitement des fractures vertébrales ostéoporotiques avec la méthode RAND–UCLA P. Fransen , G.C. Anselmetti , J. Bernard , T. Blattert , C. Court , D. Fagan , H. Fransen , T. Sabharwal , F. Schils , R. Schupfner , M.A. Siddiqi , H. Stoevelaar , C. Kasperk Service de neurochirurgie, clinique du Parc-Léopold, Bruxelles, Belgique Introduction.– L’hétérogénéité clinique des fractures vertébrales ostéoporotiques (FVO) nécessite une prise en charge individualisée intégrant les bénéfices potentiels et les limites des traitements disponibles. Les recommandations actuelles sont divergentes, contradictoires, et insuffisamment détaillées pour pouvoir être appliquées en pratique quotidienne. Cette étude tente d’établir des recommandations de traitement pour chaque cas particulier. Matériel et méthode.– Utilisant la méthode d’adéquation RAND/UCLA Appropriatedness Method (RAM), un comité multidisciplinaire de 12 experts européens a évalué les indications des traitements non chirurgicaux (TNC), de la vertébroplastie (VP) et de la cyphoplastie par ballonnet (CB) pour 128 profils hypothé- tiques de patients. Ces profils étaient des combinaisons uniques de facteurs cliniques jugés pertinents pour influencer le choix du trai- tement (délai depuis la fracture, données d’IRM, impact et évolution des symptômes, déformation rachidienne, fracture évolutive, dys- fonctionnement pulmonaire). Après deux tours d’évaluations individuelles, des degrés de pertinence des traitements (appro- prié, inapproprié et incertain) ont été calculés pour chacun des scénarios. Résultats.– Le taux de désaccord est descendu de 31 % lors du pre- mier tour de questionnaires à 7 % lors du second tour. Les études de pertinence ont permis d’extraire des modèles spécifiques pour les trois types de traitement. Pour trois quarts des profils, un seul type de traitement est considéré comme adéquat : TNC 25 %, VP 6 %, et CB 45 %. Le TNC est généralement considéré comme approprié chez les patients avec IRM négative ou IRM positive sans aucun autre facteur clinique. La VP est considérée comme indiquée chez les patients présentant une IRM positive, une fracture de plus de six semaines, sans déformation vertébrale. La CB est considérée comme indiquée chez le patients présentant une fracture progressive, et chez la plu- part des patients présentant une IRM positive et un autre facteur clinique. Conclusions.– Les résultats de la méthode RAND aident à rationaliser le choix du traitement dans la population hétérogène des patients souffrant de FVO. http://dx.doi.org/10.1016/j.neuchi.2012.10.056 Oral-Ra3 Reste-t-il une place pour le traitement chirurgical de l’ostéome ostéoïde du rachis ? P. Younes , G. Nohra , T. Rizk , R. Moussa , J. Maarrawi , N. Okais , E. Samaha Service de neurochirurgie, Hôtel-Dieu de France, Beyrouth, Liban Introduction.– L’ostéome ostéoïde (OO) est une tumeur bénigne douloureuse de l’os. La thermo-lésion percutanée sous scan devient le traitement de choix ailleurs que dans le rachis. Dans sa localisa- tion spinale, le traitement classique est chirurgical notamment à proximité des structures nerveuses. Matériel et méthodes.– Huit patients portants chacun un ostéome ostéoïde du rachis (cervical 1, dorsal 2 et lombaire 5) adjacent soit à la racine nerveuse soit à la dure-mère ont été traités par une ther- mocoagulation percutanée sous repérage tomodensitométrique. La procédure s’est déroulée en salle de scan, sous anesthésie générale, à une température de 90 ◦ C pendant quatre minutes. Basée sur des études faites aux laboratoires, la réponse motrice négative à la sti- mulation de 2,5 V, avant la thermo-lésion, était le moyen de sécurité pour éviter les complications neurologiques. Résultats.– Sept patients quittent l’hôpital le même jour, le der- nier est gardé 24 heures pour surveillance. Tous étaient soulagés complètement 24 à 48 heures après la procédure. L’un d’eux réci- dive huit mois plus tard et répond à une autre thermo-lésion. Tous restent asymptomatiques à 30 mois de recul moyen. Aucune complication n’a été notée. Notre série est la première qui traite cette localisation par thermocoagulation. Nous discutons la tech- nique afin d’éviter les complications qui pourraient être attribuées à la procédure. Conclusions.– L’OO du rachis à proximité des structures nerveuses peut être traité par la thermocoagulation percutanée sous repérage scannographique. La stimulation motrice négative à 2,5 V (établi par le travail expérimental de notre équipe) et notre résultat préli- minaire ajoutent sécurité et fiabilité à la technique. Une expérience plus large manque avant de confirmer l’abandon définitif du trai- tement chirurgical. http://dx.doi.org/10.1016/j.neuchi.2012.10.057