A. BARTHES, Y. ALPE, (2013), Quelle ĐoŶĐeptioŶ de l’éĐoĐitoyeŶŶeté poƌtée paƌ le ŵouvement associatif daŶs l’éduĐatioŶ au développeŵeŶt duƌaďle ? ColloƋue IFREE, Quels futurs pour la recherche associative en Education à l'environnement et au développement durable? Poitiers le 5 et 6 décembre 2013 La conception de l'écocitoyenneté portée par le mouvement associatif dans l’éducation au développement durable : quels savoirs, quelles valeurs ? BARTHES Angela, Maître de conférences, Université d'Aix-Marseille, EA ADEF ALPE Yves, Professeur, Université d'Aix-Marseille, EA ADEF Résumé En parallèle de la mise place de la décennie de l’éducation au développement durable (2004- 2014), la capacité des associations à produire de la connaissance s’est accrue, comme en témoigne leur implication de plus en plus forte dans la gouvernance locale. Elles s'intéressent de plus en plus aux réponses aux appels d’offres, en particulier en ce qui concerne l'animation citoyenne. Elles se font plus ou moins le relais des politiques publiques de développement durable des territoires et prétendent répondre aux besoins d’éducation non scolaire et parfois scolaire qui y sont associés. Elles entrent souvent dans le cadre affiché de démarches coopératives, participatives, démocratiques sur un principe d'appropriation sociale et collective des connaissances, leur objectif étant alors de produire des « éco-citoyens ». Le débat autour du dialogue acteur-chercheur s’ouvre alors sur la conception même de l’écocitoyen portée par le mouvement associatif. La communication proposée ici, s’intéresse – à travers les résultats d'enquêtes - aux représentations sociales du développement durable portées par « les écocitoyens » à la suite d'actions de formation proposées par la sphère associative dans le cadre de projets de territoires, et au statut des savoirs véhiculés par ces actions... Les résultats sont confrontés à l’épistémologie des savoirs (dans le champ de l’éducation au développement durable) développée dans la recherche universitaire, pour mettre en évidence les convergences et divergences entre les différentes formes de savoirs mobilisées. La démarche s’intéresse en outre aux prolongements et enjeux sociétaux qui sont mis en place dans la prise en charge associative d’une partie de la production des savoirs autour de l’écocitoyenneté. Introduction L'éducation au développement durable est devenue aujourd'hui une composante de toute action éducative, scolaire ou non-scolaire. Érigée par le système éducatif en contenu obligatoire, encadrée par une multitude de textes, elle a pris une place considérable dans la grande famille des « éducations à » (Audigier & Tutiaux-Guillon, 2008) en plein développement. Elle est devenue aussi un champ d'action privilégiée du mouvement associatif, en particulier celui qui se réclame de « l’éducation populaire », et la coexistence de deux formes d'éducation (scolaire et non-scolaire) dans un domaine où les savoirs sont incertains et les débats de société parfois très âpres ne va pas sans poser problème. De plus, la relation forte qu'entretient le mouvement associatif avec les instances politiques locales conduit souvent les associations à se considérer comme les acteurs les plus légitimes pour former de futurs « écocitoyens », dans la mesure où elles incarnent à la fois la conviction militante et la relation au territoire, souvent présentée comme un ancrage indispensable à