Mémoire original
Incidence de Staphylococcus aureus résistant à la méticillin
dans le service de néonatologie du centre hospitalier
départemental du Zou et des Collines au Bénin
Incidence of meticillin–resistant Staphylococcus aureus in neona
unit of departmental hospital centre of Zou Collines in Benin
A.-T. Ahoyo
a
, L. Baba-Moussa
a,
*
, M. Makoutode
b
, A. Gbohoun
c
, R. Bossou
c
, K. Dramane
a
,
A. Sanni
a
, G. Prévost
d
a
Laboratoire de biochimie et biologie moléculaire, faculté des sciences et techniques, université d’Abomey-Calavi, 04 BP 0320 Cotonou, Bénin
b
Institut régional de santé publique, université d’Abomey-Calavi BP 384 Ouidah, Bénin
c
Service de pédiatrie du centre hospitalier départemental du Zou et des Collines au Bénin, Bénin
d
Upres EA-3432, institut de bactériologie de la faculté de médecine, université Louis-Pasteur–hôpitaux universitaires de Strasbourg,
rue Koeberlé 3, 67000 Strasbourg, France
Reçu le 20 février 2006 ; accepté le 5 juillet 2006
Disponible sur internet le 28 août 2006
Résumé
Objectifs. – Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) est 1 des principaux agents pathogènes humains impliqués dans
infections nosocomiales et il démontre une grande propension de dissémination intrahospitalière. Les 2 objectifs de cette étude étaient d’établi
la proportion de SARM parmi les souches de S. aureus isolées des prélèvements à visée diagnostique et celles de prélèvements réalisés sur
l’environnement des patients.
Patients et méthodes. – Au cours d’une étude prospective réalisée sur 3 mois dans le secteur de néonatologie du centre hosp
mental du Zou et Collines au Bénin, nous avons identifié les nouveau-nés hospitalisés porteurs de SARM et les facteurs associés à
Simultanément, des écouvillonnages de l’environnement ont été effectués. Deux cent quatre-vingt-dix patients ont été adm
de néonatologie (réanimation, prématurité, et division calme). Cent quatre-vingt-quinze ont eu un prélèvement à visée diag
res d’hospitalisation, et 112 ont été dépistés à l’admission par écouvillonnage des narines. La leucocidine de Panton et Vale
sur toutes les souches de SARM.
Résultats. – Cent quarante et une souches de S. aureus ont été isolées chez les patients. Trente-trois étaient issues des prélèvements à vis
diagnostique dont 12 SARM (36 %). Cinquante et une souches de S.aureusdont20 SARM ont été isoléesde 90 prélèvements de
l’environnement. Les facteurs pouvant faciliter l’acquisition des souches de S. aureus étaient le faible poids à la naissance,
la prématurité, la présence de cathéter veineux et une hospitalisation prolongée. Aucune des souches de SARM isolées ne prod
dine de Panton et Valentine. La proportion de SARM parmi les isolats de S. aureus issus des prélèvements à visée diagnostique était éle
traduisait l’insuffisance des mesures de prévention.
Conclusion. – L’environnement constitue un réservoir important de contaminations dansnotre contexte. Une meilleure observance de
l’hygiène des mains, de la stérilisation et de la désinfection correcte du matériel sont les pistes principales pour une réduction significative
infections nosocomiales.
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Archives de pédiatrie 13 (2006) 1391–1396
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Auteur correspondant.
Adresse e-mail : laminesaid@yahoo.fr (L. Baba-Moussa).
0929-693X/$ - see front matter © 2006 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/j.arcped.2006.07.004