Journal de Radiologie Diagnostique et Interventionnelle (2012) 93, 291—301 FORMATION MÉDICALE CONTINUE : LE POINT SUR... Pourquoi et comment détecter le cancer de la prostate en IRM ? P. Puech * , A. Sufana-Iancu , B. Renard , A. Villers , L. Lemaître Service de radiologie néphro-urologique, CHRU de Lille, 1, rue Michel-Polonovski, 59037 Lille cedex, France MOTS CLÉS Prostate ; Tumeur maligne ; Détection ; Interprétation ; Standardisation Résumé L’IRM multiparamétrique de la prostate est un examen indispensable pour le diag- nostic, l’évaluation préopératoire et la planification thérapeutique du cancer de la prostate. Cet examen peut détecter avec précision les foyers de cancer dans la glande afin de propo- ser la prise en charge la plus adaptée, diminuer les risques de surtraitement, mais aussi ne plus méconnaître certaines lésions agressives ou de topographie inhabituelle mettant en jeu le pronostic. Nous présentons ses principales indications, en mettant l’accent sur les techniques d’interprétation de l’IRM, ses performances et ses limites, ainsi que sur les récentes recom- mandations européennes qui soulignent la nécessité de les harmoniser au niveau international. © 2012 Publié par Elsevier Masson SAS pour les Éditions françaises de radiologie. L’IRM de la prostate est un examen de plus en plus demandé par nos confrères urologues. Cette tendance s’est accentuée récemment, depuis que la communauté urologique se l’est à nouveau appropriée. « À nouveau », car après avoir connu un succès dans les années 1990, cet examen était tombé en désuétude en raison de résultats discordants pour la seule indication qu’on lui accordait : le staging du cancer de la prostate. Ainsi, il n’avait pas réussi à s’imposer et n’avait jamais été officiellement recommandé [1]. Les choses ont évolué au milieu des années 2000, lorsque la notion de « surtraitement » a été prise en considération : de la traditionnelle dichotomie « traitement curatif versus traitement palliatif » des années 1990 ont émergé les traitements chirurgicaux dits « conservateurs », la radiothérapie localisée (curiethérapie), la notion de « surveillance active » et encore, DOI de l’article original : 10.1016/j.diii.2012.01.019. Ne pas utiliser, pour citation, la référence franc ¸aise de cet article, mais celle de l’article original paru dans Diagnostic and Interventional Imaging, en utilisant le DOI ci-dessus. Auteur correspondant. Adresse e-mail : puech@dicomworks.com (P. Puech). 2211-5706/$ see front matter © 2012 Publié par Elsevier Masson SAS pour les Éditions françaises de radiologie. doi:10.1016/j.jradio.2012.01.011