0 Academic des sciences / Elsevier, Paris Reponse aux commentaires de Ambert et al., Mattauer et Sebrier et al. k la note (( Signature morphologique de I’activite de la faille des Gvennes (Languedoc, France) )) C. R. Acad. Sci. Paris, Tome 326, @tie IIa, 1998, pp. 807-815 Robin Lacassin, Bertrand Meyer, Lucilla Benedetti, Roland0 Armijo, Paul Tapponnier Laboratoire de tectonique et mecanique de la lithosphere, UMR CNRS 7578, IPGP, 4, place lussieu, 75252 Paris cedex 05, France En utilisant I’approche morphologique, qui seule per- met de detecter les failles qui affectent la topographie de surface, nous avons entrepris d’evaluer le potentiel sismi- que de diverses failles francaises, dont le systeme de failles des Cevennes (Lacassin et al., 1998). Dans cette zone de faille, reputee inactive, nous avons identifie les escarpe- ments topographiques marquant les segments de failles les plus recents, et decrit des decalages de bords de terrasses que nous avons interpret& en terme de decalages tecto- niques. Les critiques formulees (Ambert et al., 1998 ; Mattauer, 1998 ; Sebrier et al., 1998) portent, d’une part, sur la methodologie adaptee a I’etude des failles actives (approche morphologique) et, d’autre part, sur son appli- cation a la faille des Cevennes. Ainsi, notre cartographic serait inexacte ; les escarpe- ments resulteraient de I’erosion de structures anciennes ; les terrasses d&rites seraient mal definies, inondables et tres recentes ; les decalages tectoniques des bords de terrasses n’existeraient pas. Ces critiques sont utilisees pour continuer d’affirmer que la faille est inactive. Nous allow voir que la plupart d’entre elles pro&dent d’un amalgame d’arguments discutables, contradictoires et souvent saris fondement. Examinons tout d’abord les principaux points avances pour rejeter I’hypothese de I’activite de la faille des Cevennes, avant de discuter les aspects methodologiques generaux. D&formation rikente sur le syst&me c&en01 Ambert et al., Sebrier et al. et Mattauer (1998) pensent que la cartographic des traces de failles actives proposee par Lacassin et al. (1998) serait fausse ou inexacte. Les escarpements morphologiques ne correspondraient pas a des failles reconnues dans la geologic, et ne recouperaient pas Ies terrains quaternaires. Ces opinions trahissent plu- sieurs prejuges. 1) En France, le regime de deformation aurait fortement varie au Tertiaire et au Quaternaire ; il serait caracterise par des phases tectoniques discretes de courte duke. Ainsi, tout le mouvement decrochant sur la faille des Cevennes serait relic a la compression pyreneenne et done d’age Eocene (e.g., Arthaud et Laurent, 1995). 2) Une faille conserverait toujours Ia meme trace. Dans le cas d’une zone de faille reactivee, la trace active cor- respondrait toujours a une faille geologique ancienne. Des depots quaternaires cachetant le contact geologique an- cien demontreraient done I’inactivite de la faille. De plus, on ne pourrait parler de faille active qu’apres avoir ob- serve le plan de faille en coupe et des depots quaternaires @cents decal&. 3) La morphologie en France serait heritee ou ne resul- terait que de processus superficiels ; les traces de failles observees seraient anciennes, exhumees. Ces prejuges excluent par nature I’approche morpholo- gique moderne. Examinons-Ies point par point. Mouvements post-oiigodnes sur le systeme de failles chenol Contrairement a I’idee admise que les mouvements decrochants sur le systeme cevenol sont d’age Eocene, avec une ultime reactivation de certains segments en faille normale a I’Oligocene, de nombreuses observations sug- gerent que des deformations importantes ont affect6 la region depuis I’Oligocene, et que certaines failles ont rejoue en decrochement. Pres de Saint-Bauzille-de-Putois, par exemple, le bassin oligodne de Montoulieu, tres allonge et etroit, horde et recoup6 par plusieurs failles du systeme cevenol, s’est certainement forme dans un contexte decrochant sur la zone de faille des Cevennes (bassin en pull-apart). Les sediments oligocenes ont 6th plisses en synclinal pin& apres leur depot. Dans le flanc sud du synclinal, les pendages atteignent 50 a 60”, et les galets imprimes ou fractures des conglomerats montrent clairement I’intensite C. R. Acad. Sci. Paris, Sciences de la terre et des plan&es / Earth & Planetary Sciences 861 1998.327,861-866