La modélisation 3D comme méthode de recherche en sciences historiques Mathieu Rocheleau Résumé La 3D est employée depuis une vingtaine d’années déjà par les archéologues pour diffuser leur recherche ou pour documenter des sites du patrimoine mondial. Depuis peu, les spécialistes ont également pris acte du potentiel heuristique de cette technologie, lorsqu’elle est utilisée de façon scientifique. De concert avec les innovations technologiques, cette prise de conscience permet d’étendre le champ d’application de la modélisation 3D à d’autres disciplines, notamment l’histoire. L’étude des principes de base liés à cette pratique en sciences historiques permet de constater comment la modéli- sation 3D peut être envisagée comme une méthode de travail crédible et performante pour le chercheur, lui fournissant des outils inédits pour faire de nouvelles découvertes et émettre des hypothèses non envisageables par les moyens traditionnels. Les nombreux exemples tirés de projets univer- sitaires novateurs et concernant différentes périodes historiques démontrent clairement les nombreux apports que procure la 3D. Il ne reste plus aux chercheurs qu’à sauter dans le train. Depuis le milieu des années 1990, plusieurs projets ont démontré l’intérêt de la 3D et de la réalité virtuelle en sciences historiques par la reconstitution virtuelle de plusieurs sites archéologiques du patrimoine mondial ou par leur diffusion à l’aide de ces moyens technologiques. Au même moment, des réflexions plus théoriques sont entreprises à propos de ces nouveaux outils qui permettent de diffuser un contenu archéo- logique ou patrimonial. Il est donc peu étonnant de constater qu’une analyse des vingt dernières années au sujet de l’évolution de la 3D et de la réalité virtuelle en sciences historiques fasse ressortir des principes directeurs essentiellement liés aux deux mêmes domaines, l’archéologie et les études patrimoniales, au point où il est courant aujourd’hui de parler de virtual archaeology ou de virtual heritage. Cependant, si les technologies 3D étaient autrefois l’apanage des archéologues et d’autres spécialistes du patrimoine bâti, l’étude de ces