Les œuvres d’art de l’abri magdalénien de la Colombière (Neuville-sur-Ain, Ain). Nouvelle étude d’une collection majeure de l’art mobilier paléolithique. Pages 35 à 104 35 Patrick Paillet Muséum National d’Histoire naturelle, Département de Préhistoire UMR 7194 CNRS – USM 103 Musée de l’Homme 17 Place du Trocadéro 75116 Paris paillet@mnhn.fr Elena Man-Estier Muséum National d’Histoire naturelle, Département de Préhistoire UMR 7194 CNRS – USM 103 Musée de l’Homme 17 Place du Trocadéro 75116 Paris man-estier@mnhn.fr Résumé : Les objets d’art mobilier du site magdalénien de La Colombière (Neuville-sur-Ain, Ain) ont été découverts en 1913 et 1914 par L. Mayet et J. Pissot et en 1948 par H.L. Movius. Ils sont aujourd’hui conservés à la Faculté de Géologie de l’Université Lyon I et au Musée de Brou (Bourg-en-Bresse) et constituent une collection riche de dix galets, cinq fragments de galets, deux fragments d’os de mammouth et un bâton percé en bois de renne. Toutes ces pièces sont abondamment gravées. L’abri de La Colombière a également livré une abondante industrie lithique et quelques outils et armes sur matières dures d’origine animale. Les œuvres d’art ont été plusieurs fois étudiées, d’abord par les inventeurs (Mayet et Pissot, 1915 et Movius et Judson, 1956), puis par M. Faure (1978) ou encore par A. Sieveking (1986). Malgré ces travaux de qualité et la présentation fréquente dans des ouvrages consacrés à la Préhistoire de certaines œuvres de La Colombière parmi les plus remarquables de l’art mobilier paléolithique, ces objets ornés méritaient une relecture critique. Notre approche métho- dologique s’est fondée sur l’analyse technique et stylistique des formes animales dans une perspective naturaliste et sur l’étude diachronique de la réalisation de ces palimpsestes de lecture complexe. Cette démarche analytique et interprétative a été rendue possible par les moyens techniques mis en œuvre comme les observations macroscopiques, les photographies, les traitements de l’image,… Ainsi nous avons pu identifier de nouvelles représentations et préciser ou invalider des lectures anciennes. Dans la mesure du possible, la collection a été mise en comparaison avec l’art mobilier de la région rhodanienne et d’autres régions plus éloignées. Mots-clés : art mobilier, galets gravés, os gravés, Magdalé- nien, naturalisme. Abstract : The portable art objets from the magdalenian site of la Colombière (Neuville-sur-Ain, Ain) were discovered in 1913 and 1914 by L. Mayet and J. Pissot and in 1948 by H.L. Movius. They are today preserved in the Faculté de Géologie of the University Lyon I and in the Musée de Brou (Bourg-en- Bresse). They constitute a rich collection of ten peebles, five fragments of peebles, two fragments of bones of mammoth and a bored stick made in reindeer antler. All these objects are abundantly engraved. The shelter of Colombière also delivered an abundant lithic industry and some tools and weapons on osseous material. The art pieces were studied several times, by the inventors (Mayet and Pissot, 1915 and Movius and Judson, 1956), and by M. Faure (1978) or A. Sieveking (1986). Despite these great works and the frequent presentation in general books on prehistory of certain objets from La Colom- bière among the most remarkable pieces of paleolithic portable art, these decorated objects deserved a critical second reading. Our methodological approach was based on the tech- nical and stylistic analysis of animal forms, from a naturalist point of view and on the diachronic study of the realization of these hard-to-read palimpsests. This analytical and interpreta- tive step was made possible by new techologies such as macroscopic observations, digital photographs and image processings,… Thus we have made possible the identification of new representations as well as the confirmation or invalida- tion of former readings. As far as possible, the collection was put in comparison with the portable art of the area and other regions, more distant. Key words : portable art, engraved peebles, engraved bones, Magdalenian, naturalism. Resumen : El descubrimiento de los objetos de arte mobiliar del sitio magdaleniense de La Colombière (Neuville-sur-Ain, Ain) fue realizado en 1913 y 1914 por L. Mayet y J. Pissot y en 1948. Por H.L. Movius. Hoy estan conservados en la Faculté de Géologie de la Universidad Lyon I y en el Musée de Brou (Bourg-en-Bresse) y constituyen una colección muy rica de diez rodillos, cinco fragmentos de rodillos, dos frag- mentos de hueso de mamut y un bastón de mando en cuernos de reno. Todas estas piezas estan muy grabadas. El abrigo de La Colombière también ofrece una abundante industria lithica y algunas herramientas y armas sobre materias duras de origen animal. Las obras de arte fueron varias veces estudiadas, en primer lugar por los inventores (Mayet et Pissot, 1915 y Movius et Judson, 1956), luego por M. Faure (1978) o también por A. Sieveking (1986). A pesar de estos trabajos de calidad y la presentación frecuente en obras consagradas a la Prehis- toria de algunas obras el Colombière entre las más importantes del arte mobiliar paleolítico, estos objetos merecíaban una nueva lectura crítica. Nuestra metodología se basó en el análisis técnico y estilístico de las formas animales en una perspectiva naturalista y sobre el estudio diácrónico de la reali- zación de estos palimpsestos de lectura compleja. Este plan- teamiento analítico e interpretativo fue posible por los medios técnicos aplicados como las observaciones macroscópicas, las fotografías, los tratamientos de las imagenes,… así pudimos definir nuevas representaciones y precisar o invalidar lecturas antiguas. Dentro de lo possible, la colección se puso en comparación con el arte mobiliar de la región del Rhone y otras regiones más distantes. Palabras clave : arte mobiliar, rodillos grabados, huesos grabados, Magdaleniense, naturalismo. Les œuvres d’art de l’abri magdalénien de la Colombière (Neuville-sur-Ain, Ain). Nouvelle étude d’une collection majeure de l’art mobilier paléolithique