TSM numéro 4 - 2012 - 107 e année 30 Substances prioritaires dans les rejets urbains de temps de pluie : cas du déversoir de Clichy J. GASPERI 1 , M. CLADIÈRE 1 , S. ZGHEIB 1 , V. ROCHER 2 , R. MOILLERON 1 , G. CHEBBO 1 Mots-clés : polluants prioritaires, eaux usées, rejets urbains de temps de pluie, directive cadre européenne, réseau unitaire Keywords: priority pollutants, urban area, stormwater, water framework directive, combined sewer overflows Introduction L’adoption et la mise en place en France de la direc- tive cadre sur l’eau (DCE) se sont traduites à l’échelle de chaque bassin hydrologique par la réalisation d’un plan de gestion qui précise les objectifs environ- nementaux visés pour l’ensemble des masses d’eaux (cours d’eau, plans d’eau, eaux souterraines, eaux côtières et eaux de transition) et les conditions pour les atteindre. Le plan de gestion de chaque bassin sera donc constitué du Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et d’un programme de mesures, qui énoncera les actions pertinentes, en nature et en ampleur, pour permettre l’atteinte des objectifs fixés. Parmi les actions énoncées et afin d’améliorer la qualité de l’eau et des milieux aquatiques, le thème transversal n° 2 (pollution des milieux aquatiques par les substances dangereuses) propose : – de réduire les pollutions ponctuelles en sortie des stations d’épuration ou par les rejets par temps de pluie ; – de réduire les pollutions diffuses pour les actions visant à diminuer les rejets de pesticides des activités agricoles ; – de fournir les connaissances pour les actions de diagnostic (recherche des substances dans les milieux, identification des sources probables d’alté- ration, investigation de leur qualité, etc.). Parmi ces sources, les eaux usées à la suite de mauvais raccordements, les rejets urbains de temps de pluie (RUTP) et les eaux de ruissellement sont directement incriminés. Dans ce contexte, des données relatives à la qualité de ces effluents en ce qui concerne toutes les substances prioritaires sont indispensables. Certains projets de recherche (Amperes, Esprit, etc.) ont donc été initiés pour répondre en partie à cette problématique. Parmi ces programmes, l’« Observatoire des polluants urbains » (OPUR), piloté par le Laboratoire eau, environne- ment et systèmes urbains (Leesu), s’est attaché à étudier au cours de sa troisième phase (2006-2012) le transfert des substances prioritaires en milieu urbain, depuis l’entrée dans le réseau d’assainisse- ment jusqu’au rejet de la station d’épuration. Ce programme vise, entre autres, à évaluer les niveaux de contamination des eaux résiduaires urbaines et des RUTP et à apporter des informations sur l’élimination des micropolluants sur les filières de traitement des eaux usées. Les résultats de certains travaux menés sur les ouvrages de traitement [ROCHER et al., 2011] ou sur les eaux de ruissellement [ZGHEIB et al., 2011a et b] ont d’ores et déjà été publiés. Le présent article se focalise donc plus particulière- ment sur les RUTP. Sa finalité est double. Son premier objectif est d’apporter des informations sur l’occur- rence des polluants prioritaires (PP) dans les RUTP et d’évaluer leur concentration, comparativement aux eaux usées ou aux eaux de ruissellement. Dans ce but, un large panel de molécules a été recherché dans quatre déversements du déversoir d’orage de Clichy selon la méthodologie développée par ZGEIHB 1 Laboratoire eau environnement et systèmes urbains (Leesu) – Université Paris-Est – 61, avenue du Général-de-Gaulle – 94010 Créteil cedex. Courriel : gasperi@u-pec.fr 2 Siaap – Direction du développement et de la prospective – 82, avenue Kléber – 92700 Colombes. Extrait numérique de Techniques Sciences Méthodes n° 4 de 2012 distribué aux participants du colloque OPUR 2012 Droits d'utilisation, de diffusion, d'exploitation réservés TSM/Astee http://tsm.astee.org