Progrès en urologie (2010) 20, 91—100 ARTICLE DE REVUE Physiopathologie et prise en charge de la maladie de La Peyronie Pathophysiology and management of Peyronie’s disease in adult patients: An update O. Alenda, S. Beley, K. Ferhi, F. Cour, E. Chartier-Kastler , A. Haertig , F. Richard, M. Rouprêt * Services d’urologie de la Pitié-Salpêtrière et de l’hôpital Tenon, Assistance publique—Hôpitaux de Paris, groupe hospitalo-universitaire Est, faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie, université Paris-VI, Paris, France Rec ¸u le 16 mars 2009 ; accepté le 29 mai 2009 Disponible sur Internet le 3 juillet 2009 MOTS CLÉS Maladie de La Peyronie ; Injection intralésionnelle ; Vérapamil ; Excision de plaque ; Greffe dermique ; Maladie pénienne Résumé La maladie de La Peyronie correspond à une fibrose segmentaire de l’albuginée des corps caverneux. Elle est responsable de douleur pénienne, d’angulation de verge et de dysfonction érectile. La connaissance de cette maladie semble progresser avec des avancées significatives dans le domaine de la physiopathologie. De récentes études estiment la prévalence de la maladie de La Peyronie de 3 à 9 % dans la population masculine. Durant la phase aiguë qui dure six à 18mois, la maladie peut progresser, se stabiliser ou régresser dans 20% des cas. Pour ces raisons, il est recommandé de privilégier le traitement conservateur. La prise en charge thérapeutique doit prendre en compte les facteurs psychologique et organique pour proposer un traitement spécifique à chaque patient. Pour la majorité des patients, une évaluation, une information et une réassurance sont nécessaires. Les traitements oraux les plus utilisés sont le tocophérol (vitamine E) et le para-aminobenzoate (Potaba) avec des effets bénéfiques non démontrés. Les injections intralésionnelles d’interféron, de vérapamil, souvent utilisées en première ligne de traitement, permettent d’obtenir une amélioration sur les douleurs et la courbure de la verge. La littérature a montré que la lithotritie extracorporelle (LEC) était active sur la douleur. Pour ce qui est de la courbure, les résultats sont plus discordants et la place de la LEC dans l’arsenal thérapeutique est encore en évaluation. En cas d’échec du traitement médical, la plicature, la greffe voire l’implantation de prothèse pénienne sont des Auteur correspondant. Service d’urologie, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, 47—83 boulevard de l’Hôpital, 75651 Paris cedex 13, France. Adresse e-mail : morgan.roupret@psl.aphp.fr (M. Rouprêt). 1166-7087/$ — see front matter © 2009 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. doi:10.1016/j.purol.2009.05.010