Consommations énergétiques et émissions de gaz à effet de serre des productions de ruminants et de monogastriques à La Réunion VAYSSIERES J. (1), THEVENOT A.. (1), VIGNE M. (2), DE LABURTHE B. (3), BOCHU J.L. (4), LECOMTE P. (1) (1) CIRAD, UR Systèmes d’Elevage, 7 ch. de L’IRAT, 97410 St Pierre, LA REUNION (2) INRA, UMR Production du Lait, 35590 St Gilles, FRANCE (3) FRCA, 8 bis route de la ZI n°2, 97410, St Pierre, LA REUNION (4) SOLAGRO, 75 Voie du TOEC - 31076 Toulouse cedex 3, FRANCE RESUME L’élevage est décrié pour ses impacts directs et indirects sur l’environnement. Dans la perspective de concevoir des systèmes d’élevage plus respectueux de l’environnement une méthode d’évaluation des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre développée en France métropolitaine a été adaptée et mise en œuvre sur 195 élevages à La Réunion. Les résultats montrent des consommations et des émissions très variables selon le type de production notamment entre monogastriques et ruminants (22 – 62 MJ/ kg poids vif et 2,8 - 18,5 kg CO 2 eq/ kg poids vif). Au sein d’une même production les coefficients de variation des deux indicateurs environnementaux étudiés sont généralement élevés (14 - 33%). Ils suggèrent des marges de progrès importantes liées en particulier à l’amélioration des indices de consommation globaux (2,7 - 5,5 kg d’aliment/ kg de viande vive produite). Cette amélioration conjointe de critères techniques et environnementaux souligne la possibilité d’une intensification écologique des productions animales. Fossil energy consumption and green house gas emissions of ruminant and monogastric productions in Réunion island VAYSSIERES J. (1), THEVENOT A.. (1), VIGNE M. (2), DE LABURTHE B. (3), BOCHU J.L. (4), LECOMTE P. (1) (1) CIRAD, UR Systèmes d’Elevage, 7 ch. de L’IRAT, 97410 St Pierre, LA REUNION SUMMARY Livestock production is known for its direct and indirect impacts on the environment. To design environmentally respectful livestock systems a method to assess energy consumption and green house gas emissions, firstly developed in France, was adapted and applied to the study of 195 production systems in the Reunion tropical island. Findings indicate a large variability between monograstric and ruminant productions (62 - 172 Fioul eq / 100kg live weight and 2.8 - 18.5 kg CO 2 eq/ kg live weight). In a same production, the relative standard deviation is generally high (14 - 33%). It underlines the important potential progress linked to the improvement of feed conversion efficiencies (2.7 - 5.5 kg feed/ kg live meet produced). Joined improvement of technical and environmental indicators makes the ecological intensification of livestock production realistic. INTRODUCTION Selon l’IPCC, les activités anthropiques jouent un rôle essentiel dans le réchauffement climatique de notre planète. Selon la FAO (Steinfeld et al., 2006), l’élevage contribuerait à hauteur de 18% aux émissions totales de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique. Face à une population mondiale et une demande en produits animaux grandissantes, il s’agit de concevoir des systèmes d’élevage non seulement plus productifs mais également moins consommateurs de ressources et moins émetteurs de GES. Cet enjeu est déterminant en zone inter-tropicale puisqu’elle est et sera le lieu de changements radicaux dans les 40 prochaines années : croissance démographique record, mutation des comportements alimentaires, intensification agricole (Chaumet et al., 2009). L’analyse de cycle de vie (ACV) permet de quantifier les principaux impacts environnementaux directs et indirects d’un produit au-delà du territoire de production. Cependant elle reste aujourd’hui insuffisamment appliquée aux produits agricoles tropicaux (Basset-Mens et al., 2010). Les principales contraintes à son transfert sont méthodologiques du fait de la particularité des systèmes étudiés. Basé sur l’exemple de l’île de La Réunion cette communication a pour objectif de fournir des références tropicales et de montrer comment ce type d’approche peut aider à identifier et à hiérarchiser des voies d’amélioration. 1. METHODE D’EVALUATION 1.1. LA METHODE ORIGINELLE La méthode PLANETE, retenue dans cette étude, reprend les grands principes de l’ACV en se limitant à deux de ses dimensions : les consommations d’énergies non renouvelables et les émissions de GES (Risoud, 2002). Autre particularité, son périmètre d’étude s’arrête aux portes de la ferme et ne considère pas la commercialisation du produit et le recyclage de ses coproduits. Cette méthode est donc incomplète pour comparer des produits mais est particulièrement adaptée pour comparer différents systèmes de production. 1.2. ADAPTATION DE LA METHODE Les coefficients proposés dans l’outil PLANETE sont uniquement valables pour évaluer des productions agricoles en France métropolitaine. Un important travail d’adaptation des coefficients énergétiques et d’émission de GES a donc été entrepris (Thévenot et al., 2010). Pour les coefficients énergétiques, ce travail a été effectué principalement selon trois modalités : - Lorsque les intrants étaient importés (cas du matériel agricole par exemple), nous avons conservé le coefficient initial auquel nous avons ajouté un coût énergétique pour le transport depuis la France métropolitaine jusqu’à La Réunion (soit 10 600 km en fret maritime). - Si les intrants étaient de même nature mais avaient des origines différentes nous avons substitué le coût énergétique du transport initial par un transport nouvellement calculé. Par exemple, le fioul consommé à La Réunion a une origine Renc. Rech. Ruminants, 2010, 17 355