Cahiers scientifiques de l'océan Indien occidental 1, 2010 : 3-5. 3 Redécouverte et répartition de Amauropelta bergiana (Schltdl.) Holttum var. calva Holttum à la Réunion (Polypodiales : Thélyptéridacées). Y ANNIS ROBERT* ET JEAN MAURICE T AMON** Association Réunionnaise d'Ecologie, 188 chemin nid joli, F-97430 Le Tampon * 18 rue des Capucines, F-97431 La Plaine des Palmistes, La Réunion, France. yrobert@ecologie.re ** 1 ruelle des Fougères, F-97431 La Plaine des Palmistes, La Réunion, France. Reçu le : 01/06/2010 ; accepté le : 21/09/2010 L’île de la Réunion se situe dans le sud-ouest de l’océan Indien et forme avec les îles de Maurice et Rodrigues l’archipel des Mascareignes. Cette terre volcanique possède un relief très accidenté où règne un climat tropical, surtout aux basses altitudes où subsistent quelques lambeaux de forêts humides, riches en Ptéridophytes. Les hauts de l’île, c'est-à-dire la partie centrale à plus de 1000 mètres d’altitude, possède encore des étendues conséquentes de forêts humides où, là aussi, nous pouvons observer une flore ptéridologique importante. C’est dans cette zone d’altitude qu’a été observé, par un heureux hasard, comme c’est souvent le cas en botanique, Amauropelta bergiana var. calva, en août 2007, sur le sentier qui mène à la cascade Biberon, à la Plaine des Palmistes. Ce taxon n’avait pas été observé et récolté à la Réunion depuis 1837. Dans le volume de la Flore des Mascareignes, traitant des Ptéridophytes HOLTTUM (2008) il est précisé que cette plante n’était connue à la Réunion que d’une seule récolte ancienne (Herb. Richard 284, s. l.) conservée au Muséum National d’Histoires Naturelles de Paris (P). HOLTTUM (1974), a nommé cette variété dont le type a été récolté au Mont Cameroun (Mann’s spring, P. W. Richards 4308 K, holo. !). L’auteur précise qu’elle diffère de la forme type par les caractères suivants : « Rachis des feuilles, nervure médiane et nervures principales ne portant, sur la face inférieure, que des poils courts, simples, droits, sans poils crochus ; face inférieure du limbe glabre entre les nervures ». D’après ROUHAN (comm. pers., 2009) les échantillons présents au Muséum de Paris présentent des poils courts (0,2mm), blanc à roux sur la face supérieure des nervures et des costules. Ces mêmes poils sont également présents sur la face inférieure des costules. En plus de ces caractères, nous avons pu noter que le pétiole est très aplati et mucilagineux à la base, entièrement glabre et devient jaune paille après dessication (Fig. 1a). Sur le frais, nous avons observé des aérophores très développés, pouvant dépasser les 5 mm de longueur. Cette dernière propriété est vraiment caractéristique du taxon sur le terrain (Fig. 1b). Cette variété est donc présente en Afrique, à la Réunion mais également aux Comores où elle a été récoltée au XIX ème siècle (Boivin, L.H. s.n. 1847-1852). Cet échantillon est lui aussi conservé au Muséum National d’Histoires Naturelles de Paris (P). Après la première récolte effectuée en août 2007, nous avons retrouvé plusieurs stations qui nous permettent de proposer une répartition du taxon dans l’île de la Réunion. Cette plante se rencontre entre 1000 et 1700 m d’altitude, dans la forêt des bois de couleurs des hauts. Elle est présente dans des zones très humides, sur des falaises ou d’anciens cônes volcaniques sur des sols détritiques donc bien drainés (Fig. 2).