Violences conjugales, ESPT et comorbidité psychiatrique Étude portant sur 50 patients Denis Ferroul, Sandrine Gaulon, François Ducrocq, Guillaume Vaiva, Valéry Hedouin, Didier Gosset Résumé Cette étude menée dans un service de médecine légale a pour but, d’une part, d’évaluer par des outils standardisés la présence d’un état de stress post-traumatique (ESPT) à court et à plus long terme, ainsi que sa comorbidité psychiatrique au sein d’une population victime de violences conjugales, et, d’autre part, d’isoler des facteurs de risque prédictifs de violence conjugale. Matériel et méthode : les données ont été obtenues à partir de 50 personnes adultes, hommes ou femmes, ayant subi des violences physiques de la part de leur conjoint, au cours d’un entretien unique durant lequel étaient réalisés un examen clinique médico-légal fixant une incapacité totale de travail (ITT), puis la passation successive d’un hétéroquestionnaire semi-structuré centré en partie sur les facteurs de risque socio-démographiques concernant la victime et son agresseur, de l’Impact of event scale (IES), du Mini international neuropsychiatric interview (MINI - Version française 5.0.0) et de la Clinician-administered PTSD scale (CAPS-1). Résultats : cette étude confirme la prévalence élevée de l’ESPT chez les victimes de violences conjugales (12 %). Ce trouble anxieux est prédominant chez la femme et est fréquemment associé aux autres troubles anxieux et dépressifs. Conclusion : la prévalence de l’ESPT semble varier en fonction du traumatisme et, pour chaque traumatisme, en fonction d’une vulnérabilité individuelle. La prévalence d’ESPT dans notre population justifie la place occupée par les violences conjugales parmi les événements déclenchant. Cette étude semble dégager des facteurs de risque de développement d’un ESPT en cas de violences conjugales : le sexe féminin, les antécédents psychiatriques et la comorbidité psychiatrique (troubles anxieux et dépressifs), le bas niveau socio- économique. Mots-clés ESPT, état de stress post-traumatique, troubles anxieux, violence conjugale, conduite addictive. Summary: Domestic violence, PTSD and psychiatric co-morbidity. A study on 50 patients The purpose of this study performed in a forensic medical department was: (i) to evaluate with standardized scales the presence of posttraumatic stress disorder (PTSD) in short and longer term, and its psychiatric co-morbidity in a population suffering from domestic violence, and (ii) to isolate predictive risk factors of intimate partner violence (IPV). Methods: data were obtained from single interview of 50 adults, men or women, who had suffered from intimate partner violence, during which were performed a forensic medical examination to determine law proceedings, and the successive signing of a semi structured questionnaire focusing on socio-demographic risk factors concerning victim and perpetrator, the Impact of event scale (IES), the Mini international neuropsychiatric interview (MINI - French version 5.0.0), the Clinician-administered PTSD scale (CAPS-1). Result: this study confirms the high prevalence of PTSD in domestic violence victims (12 %). This anxiety disorder is higher in women, frequently associated with others anxiety disorders and mood depression disorders. Conclusion: PTSD prevalence seems to vary with the type of trauma, and, for each trauma, with individual vulnerability. PTSD prevalence in our population justifies the place of domestic violence as launching factor. Some risk factors to develop a PTSD in case of IPV seem to be drawn in this study: female victims, psychiatric previous history and psychiatric co- morbidity as anxiety disorders and mood depression disorders, low socio-economic status. Key words: PTSD, posttraumatic stress disorder, anxiety disorder, domestic violence, addiction