619 Rev Mal Respir 2006 ; 23 : 619-28 Rev Mal Respir 2006 ; 23 : 619-28 © 2006 SPLF. Édité par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés Doi : 10.1019/20064193 Revue générale Évaluation de la fonction respiratoire chez le sujet âgé Intergroupe Pneumo Gériatrie SPLF-SFGG 1 F. Boita, L.J. Couderc, B. Crestani, B. de Wazieres, P. Devillier, C. Ferron, A. Franco, H. Guenard, M. Hayot, B. Housset, C. Jeandel, M. Kuentz Rousseau, J.P. Orlando, E. Orvoen-Frija, B. Parent, H. Partouche, F. Piette, G. Pinganaud, C. Pison, F. Puisieux, I. Boucot, G. Ruault Résumé Cet article est le fruit des travaux d’un groupe de pneumologues et de gériatres, réunis pour un atelier. On reconnaît le vieillissement physi- ologique où la fonction respiratoire reste très longtemps conservée, le vieillissement dit usuel et le vieillissement avec comorbidités. Ces deux derniers ont pour conséquence la diminution de la capacité fonctionnelle et donc des capacités d’adaptation des sujets. Dans la première partie sont envisagés les facteurs qui participent au vieillissement pulmonaire. Ils sont multiples. On ne saurait négliger les pathologies respiratoires obstructives chroniques. Ainsi la prévalence de l’asthme est estimée entre 6 et 10 % chez les sujets de plus de 60 ans. De même la mortalité liée à la BPCO est en augmentation en particulier en ce qui concerne les sujets âgés. Un autre élément à prendre en compte est la fréquence du développement avec l’âge de pathologies chroniques à retentissement respiratoire. Un exemple intéressant est le syndrome parkinsonien qui agit à la fois sur la commande ventilatoire et la mécanique ventilatoire. On observe également chez les sujets âgés une dénutrition protéi- noénergétique avec des conséquences comme la sarcopénie. L’effet des médicaments à visée thérapeutique pulmonaire comme les bronchodilatateurs, les corticoïdes et la théophylline est mal connu faute d’études de phase 2 dose - réponse chez ces sujets. Enfin de nombreux médicaments donnés pour des pathologies dont l’inci- dence augmente avec l’âge comme l’HTA, les troubles du rythme ont une action potentiellement délétère sur la fonction pulmonaire. Dans une deuxième partie sont envisagées les possibilités d’exploration de la fonction respiratoire chez le sujet âgé au repos comme à l’effort. Un des points majeurs est la difficulté de proposer des valeurs de référence valables pour cette population. Si les indications de réalisation d’une exploration fonctionnelle respira- toire sont identiques à celles de la population générale, la réalisation des examens peut être plus difficile chez les sujets âgés soit pour des raisons de compréhension, soit pour des raisons de capacité de réalisation, soit par perte de la motilité. On choisira donc en fonction du contexte de pro- poser des méthodes nécessitant une coopération importante encore appelées volitionnelles ou des méthodes non volitionnelles. Une stratégie d’exploration initiale de ces sujets est proposée en fonction de la présence ou non d’une dyspnée, de la perte de la mobilité. L’amélioration de l’accessibilité pour les sujets âgés aux méthodes d’exploration doit s’accompagner du développement de recherche cli- nique sur les tests non volitionnels. Mots-clés : Vieillissement • Pharmacologie • Physiologie. Réception version princeps à la Revue : 21.03.2006. Réception 1 ère version révisée : 20 06 2006. Acceptation définitive : 13.10.2006. bruno.crestani@bch.aphp.fr Correspondance : B. Crestani Service de Pneumologie, Hôpital Bichat, 46, rue Henri Huchard, 75018 Paris. 1 Intergroupe placé sous l’égide de la SPLF (Société de Pneumologie de Langue Française) et de la SFGG (Société Française de Gériatrie et Gérontologie). Travail réalisé avec le soutien des laboratoires GlaxoSmithKline.