MEDIA_1.DOC, Nombre de caractères =10609, Page 1 Les illustrations dans les manuels scolaires. Vers une théorie générale des paratextes Daniel Peraya et Marie Claire Nyssen Publiés In Médiascope, 7, 13-21, 1994 (Centre de recherche et de documentation pédagogique de Versailles). "Les mots et les phrases du texte laissent tout autour un espace libre: le cotexte. Dans cet espace disponible seront introduits, des titres, des phrases en marge, des informations périphériques (notes, références, ...) et des illustrations, cet ensemble constituant le paratexte.l" 1 . Etudier les illustrations dans les manuels scolaires, c'est donc élaborer une théorie des paratextes pédagogiques. Parmi ces derniers, l'image jouit d'un statut particulier. N'a-t-elle pas été utilisée depuis fort longtemps en raison de son pouvoir de conviction et de désignation d'une part, à cause de sa capacité à faciliter les apprentissages, d'autre part. Pourtant, utilisée par les scientifiques et les pédagogues, elle fait simultanément l'objet de la méfiance et des uns et des autres. A la suite de Bachelard, l'image a longtemps été considérée comme un obstacle à l'accès à une véritable pensée scientifique tandis qu'à la même époque, Tardy expliquait l'opposition de la majorité des pédagogues et des enseignants à l'image par le plaisir et les comportements ludiques qu'elle induit, incompatibles avec une conception puritaine de la rigueur et du travail scolaires. Pour son pouvoir explicatif et persuasif, l'image intéresse le pédagogue. Mais parce qu'elle déborde nécessairement vers l'imaginaire et suscite la fascination, elle provoque leur défiance. Point donc de création artistique, de génie ou d'imaginaire : l'institution scolaire n'accepte l'image que policée sauf si l'imaginaire peut à son tour faire l'objet d'une didactique. Des représentations matérielles .... Pourtant, dès les années 60 se développe un important intérêt théorique pour l'image et ses usages pédagogiques. Citons d'abord la sémiotique qui, parce qu'elle étudie les différents systèmes de signes, a pour objet fondamental leur diversité, leur classement ainsi que l'analyse du modus significandi de chacun d'entre eux. Et parmi eux, l'image et les codes iconiques ont occupé une place importante et parce qu'ils présentent un mode de fonctionnement irréductible à celui des signes linguistiques, ils ont fait surgir un grand nombre de problèmes théoriques et méthodologiques. Les analyses d'images par exemple, prennent en compte le langage verbal, le texte et leurs rapports réciproques, car il n'est pas sûr que l'on puisse lire l'image indépendamment de la verbalisation qui lui 1 Jacobi D., 1985, "Références iconiques et modèles analogiques dans des discours de vulgarisation scientifique", Informations sur les sciences sociales, vol.4, 24, 847-867, p. 848.