Communications affichées –– Médecine interne et maladies infectieuses CA033 Évaluation prospective de la prise en charge des érysipèles en médecine de ville A. Lefort, A. Delépine-Blavot, B. Fantin Service de médecine interne, hôpital Beaujon, Clichy, France Introduction. – La plupart des données concernant les érysipèles émanent de séries hospitalières. Nous avons évalué prospectivement la prise en charge des érysipèles en médecine de ville. Patients et méthodes. – Les généralistes participants ont faxé un questionnaire pour tout érysipèle pris en charge entre mai 05 et avril 06, puis ont été recontactés par téléphone trois semaines après pour nous communiquer les données d’évolution. Résultats. – Parmi les 73 médecins participants, 26 ont déclaré au moins un cas. Parmi les 54 cas déclarés, l’âge médian est de 63 ans (18–94) et le sex-ratio de 0,77. Le membre inférieur est atteint dans 83 % des cas. Une porte d’entrée est retrouvée dans 67 % des cas. Un facteur local potentiellement favorisant (stase veineuse, lymphoe- dème, antécédent de phlébite, érysipèle, ulcère ou geste local) est retrouvé chez 37 patients (68 %). Quinze patients (28 %) ont un sur- poids. Aucun des 15 doppler veineux pratiqués n’a mis en évidence de phlébite sous-jacente. Cinq patients (9 %) sont hospitalisés juste après la 1 ère visite (sepsis, n = 2 ; comorbidités, n = 2 ; résistance à un traitement antérieur, n = 1). Seuls 9/53 patients (17 %) ont reçu initialement de l’amoxicilline seule. Les traitements antibiotiques les plus prescrits sont l’amoxicilline/clavulanate (n = 16/53, 30 %) et la pristinamycine (n = 16/53, 30 %). Six patients (11 %) ont reçu un trai- tement anti-inflammatoire général (AINS, n = 5 ; corticoïdes, n = 1) et sept patients (13 %) ont reçu une anticoagulation préventive. Parmi les 44 patients pour lesquels des données d’évolution à trois semaines sont disponibles, 37 sont guéris, cinq sont en cours d’amélioration et 2 ont été hospitalisés secondairement. Conclusion. – Seuls 5 % (2/44) des patients pris en charge en ville pour un érysipèle ont justifié une hospitalisation du fait d’une évolu- tion défavorable. Le pronostic des érysipèles traités en ville est bon malgré un mauvais suivi des recommandations de la conférence de consensus de 2000. CA034 Étude rétrospective de l’antibiothérapie probabiliste prescrite dans un service de post-urgence : comparaison des pratiques aux recommandations actuelles J. Vinit a , S. Audia b , C. Brisard b , V. Leguy b , N. Falvo b , S. Berthier b , J.-F. Besancenot b , B. Bonnotte b , B. Lorcerie b a Service de médecine interne et maladies systémiques, hôpital géné- ral, CHU, Dijon, France b Service de médecine interne et immunologie clinique, complexe hos- pitalier du Bocage, Dijon, France Rationnel. – Une exposition antérieure à un antibiotique est un facteur de risque de sélection de souches bactériennes, de portage et d’infections à germes multirésistants. Par ailleurs, la prescription adé- quate et ciblée d’antibiotique prévient l’émergence de résistances aux antibiotiques. Nous avons voulu savoir si l’antibiothérapie probabi- liste des infections communautaires préconisées par les conférences de consensus était correctement suivie dans notre hôpital. Patients et méthodes. – Nous avons étudié rétrospectivement 146 dossiers consécutifs de patients hospitalisés entre mars et mai 2006 dans un service de post urgence annexé à un service de médecine interne. Pour chaque patient, il a été recueilli les antécédents de bron- chopneumopathies, les comorbidités, les signes de gravités et l’exis- tence de situations socioéconomiques particulières ou de facteurs de risques de mortalité. Ensuite, le motif d’hospitalisation, le diagnostic retenu ainsi que l’antibiothérapie probabiliste, si prescrite, des 72 pre- mières heures ont été comparés aux diagnostic de sortie ainsi qu’aux recommandations de l’AFFSAPS de novembre 2005 concernant la prise en charge des infections respiratoires basses de l’adulte (IRBA) et aux recommandations de 1990 de la SPLIF sur les infections uri- naires (IU). Résultats. – 73 % des patients ont plus de 65 ans, 31 % plus de 85 ans. 58 % ont au moins une comorbidité et 13 % vivent en institu- tion. 41 % ont été hospitalisés dans l’année et 22 % le seront à quatre mois après leur sortie. La pathologie prise en charge est infectieuse dans 45 % des cas (48 % d’atteintes respiratoires basses, 39 % d’infections urinaires). 47 % des patients recevront des antibiotiques durant leur séjour. L’antibiothérapie est double dans 34 % des cas et comporte des quinolones dans 46 % des cas. Tous les patients rem- plissent les critères d’hospitalisation de l’AFFSAPS mais l’anti- biothérapie des IRBA est inadéquate dans 23 % des prescriptions des 72 premières heures et dans 74 % des cas pour les IU. Les prin- cipales causes sont une trop fréquente biantibiothérapie non justifiée et une mauvaise appréciation diagnostique initiale. Discussion. – 2 % des patients consultant aux urgences de notre CHU en 2005 ont été hospitalisés dans ce service. Une extrapolation de nos résultats suggère une mauvaise prise en charge anti-infectieuse des malades dans notre établissement et une surexposition antibio- tique avec un coût sur l’écologie microbienne locale. Comme d’autres auteurs, cette étude confirme que les guidelines d’infectiologie les plus anciens comme les plus récents sont peu suivis en pratique. Il reste à définir les moyens afin d’améliorer leur impact. Conclusion. – Les recommandations concernant la prise en charge des pathologies infectieuses ne sont pas correctement appliquées dans notre établissement. L’édition seule de consensus ne semble pas per- mettre de promouvoir aux près des prescripteurs les bonnes pratiques antibiotiques. Une sensibilisation active de ceux-ci s’impose donc afin de ralentir l’émergence de souches résistantes [1–3]. [1] Nseir S et al. Pathol Biol 2005;53:470–5. [2] Roger PM, et al. Presse Med 2002;31:58–63. [3] Halna M, et al. Presse Med 2005;34:277–81. CA035 Un érysipèle résistant aux antibiotiques A. Elsendoorn, C. Landron, E. Moumas, F. Roy-Péaud, L. Luca, P. Roblot Service de médecine interne, CHU la Milétrie, Poitiers, France Introduction. – Une femme de 31 ans présentait un tableau d’érysipèle de l’épaule droite évoluant depuis deux semaines. Les signes étaient apparus après un séjour de trois semaines au Pérou. Cas clinique. – Un premier traitement antibiotique (pristinamy- cine) pendant deux semaines s’avérait inefficace. Curieusement, elle décrivait une impression de mouvement dans l’épaule. La patiente se plaignait d’un prurit local et des papules érythémateuses faisant évo- quer des piqûres d’insectes. Au centre de chaque lésion un orifice était visible entouré d’une zone indurée. Le reste de l’examen était normal. Le bilan biologique standard n’apportait pas d’élément d’orientation. Résultats. – L’érysipèle résistant aux antibiotiques après un voyage au Pérou faisait évoquer le diagnostic de myiase. On appli- quait de la vaseline sur les papules. Quelques heures plus tard 9 larves étaient extraites de l’épaule par simple pression digitale. Les larves étaient identifiées comme appartenant à Dermatobia hominis (D. Hominis). Discussion. – D. Hominis appartient à la famille des Cuterebridae et est également appelée ver macaque. La myiase due à D. Hominis est endémique en Amérique centrale et Amérique du sud et peut Abstracts / La Revue de médecine interne 28 (2007) S83–S160 S96